On soulève le couvercle, et le chou et le canard embaument la cuisine
Un soir d’hiver, on fait glisser un peu le couvercle de la marmite : l’odeur douce du chou monte la première, suivie de celle de la graisse de canard et du petit salé. Trop épaisse pour une soupe, trop liquide pour un ragoût. La garbure (garbura en gascon) est la soupe épaisse au chou et aux haricots blancs du Sud-Ouest, que l’on mange depuis longtemps en Gascogne et en Béarn.
Par rapport au pot-au-feu (en japonais), les haricots et le chou y passent au premier plan. Elle n’est pas aussi centrée sur les légumineuses que la fabada asturienne (en japonais), ni aussi carnée que le cocido madrileño (en japonais). Légumes, haricots et viande salée se marient lentement dans une seule marmite, et l’on finit par faire boire le bouillon au pain.
Nous gardons ici l’axe local — chou, haricots blancs, petit salé ou canard — avec des ingrédients faciles à trouver. Sans confit de canard, une cuisse de poulet avec l’os et du lard fumé apportent le parfum. L’essentiel : ne pas réduire à feu vif, ne pas trop saler avant que les haricots soient tendres, et ne pas laisser le chou garder un goût vert jusqu’à la fin.
La garbure est présentée comme une cuisine paysanne du Sud-Ouest, et s’écrit aussi garbura en occitan gascon. Garniture et viandes changent entre Béarn, Landes et Bigorre : confit de canard ou d’oie, petit salé, talon de jambon, légumes racines de saison. Plutôt qu’une recette unique, c’est un plat qui rassemble dans la marmite les légumes et les viandes de conserve de la cuisine d’hiver.
Entre la soupe et le ragoût, une assiette du Sud-Ouest
Quand on prépare une garbure, la question est de savoir jusqu’où laisser les ingrédients se défaire. On ne la mixe pas lisse comme un potage. Les haricots restent un peu entiers, les pommes de terre s’arrondissent, le chou devient assez fondant pour se couper à la cuillère. L’objectif : une louche qui ramène à la fois haricots, chou, viande et bouillon.
Les recettes locales parlent de haricots tarbais, de talon de jambon de Bayonne, de confit de canard ou d’oie. Tout réunir peut vite épuiser avant même de cuisiner. Pour une première fois, haricots blancs, chou, lard, cuisse de poulet avec l’os et aromates suffisent. Les jours où vous avez du confit, ajoutez-le en fin de cuisson pour superposer les parfums.
En revanche, sans chou, c’est un autre plat. On entend souvent dire qu’« une garbure sans chou n’est pas une garbure ». Les haricots et la viande font le goût, le chou apporte la douceur et le caractère du terroir : respectez cela, et vous vous approchez du Sud-Ouest.
Ingrédients pour 4 personnes, en plat principal

Pour 4 personnes. C’est assez consistant pour un plat principal du soir : une salade ou un peu de fromage suffisent à compléter le repas. Avec des haricots secs, commencez la veille. Avec des haricots en conserve, sautez la réhydratation de l’étape 1 et raccourcissez de 30 minutes le mijotage de l’étape 3.
| Ingrédient | Quantité | Substitutions et remarques |
|---|---|---|
| Haricots blancs secs | 200 g | Lingots, cannellini. En conserve : 480 g égouttés |
| Chou | 320 g | Retirer les feuilles extérieures, amincir la côte, lanières de 3 cm. Chou de printemps : 10 minutes de cuisson en moins |
| Cuisse de poulet avec os | 1 (250 g) | À omettre si vous utilisez du confit. Frotter de 1/3 c. à café de sel, idéalement la veille |
| Confit de canard | 1 cuisse (environ 220 g) | Pour la fin de cuisson si vous en avez. Sinon, poulet et lard |
| Lard fumé en morceau | 120 g | Dés de 1.5 cm. Pancetta, talon de jambon ou petit salé |
| Poireau | 160 g | Le blanc, en tronçons de 1 cm |
| Oignon | 150 g | Dés de 1.5 cm |
| Carotte | 160 g | En biseau |
| Navet | 180 g | Bien lavé si non pelé, en 6. Ou 120 g de radis daikon |
| Pommes de terre | 300 g | Chair ferme : elles restent entières. Farineuses : elles se défont un peu et épaississent |
| Ail | 2 gousses (12 g) | Écrasées |
| Laurier | 1 feuille | |
| Thym | 2 brins | Séché : 1/3 c. à café |
| Poivre noir | 1/3 c. à café | Moulu grossièrement |
| Sel | 1/2 c. à café | Selon le sel du lard et du canard, ajouter au plus 1/4 c. à café à la fin |
| Eau | 1.4 L | Prévoir à part 200 ml d’eau bouillante si cela réduit trop |
| Pain de campagne ou baguette | 4 tranches (160 g) | Légèrement grillées, au fond des assiettes |
| Moutarde de Dijon | 4 c. à café | Un peu à côté de la viande. Trop masque la douceur des haricots |
La teneur en sel du lard, du jambon et du confit de canard varie beaucoup selon les produits. Limitez le sel initial à 1/2 c. à café et goûtez le bouillon avant d’en ajouter. La moutarde est un allergène : pour les personnes allergiques, ne la mettez pas dans l’assiette et servez-la à part.
Ce qui fait hésiter au moment des courses
Les haricots secs ont plus de goût ; en conserve, ils permettent de cuisiner en semaine. Avec une conserve, le jus peut troubler le goût : égouttez les haricots et rincez-les légèrement. Les haricots secs demandent un trempage, mais leur peau éclate moins et ils donnent au bouillon une douceur ronde à mesure qu’ils cuisent.
Une marmite à fond épais est idéale. Dans une casserole fine, le fond attache avant que les haricots soient tendres et le chou rend moins sa douceur. Pour 4 personnes, une cocotte en fonte d’environ 22 cm ou une marmite épaisse d’au moins 4 L est pratique.
Le confit de canard oriente aussitôt le plat vers le Sud-Ouest, mais il n’est pas indispensable au départ. Les jours où vous n’en avez pas, salez légèrement une cuisse de poulet avec l’os et faites-la cuire avec le gras du lard. Les achats qui valent la peine d’être soignés sont les haricots, une marmite épaisse et une moutarde de Dijon qui servira aussi ailleurs.
Préparation : faire se rejoindre haricots et chou à feu doux
Voici la méthode de base avec des haricots secs. Avec des haricots en conserve, sautez l’étape 1, et à l’étape 3 faites cuire 30 minutes seulement la viande et les aromates, sans haricots. Ajoutez les haricots en conserve à l’étape 4 et réchauffez-les une vingtaine de minutes avec le chou.











