France

Cassoulet : le ragoût de haricots blancs du Languedoc

Recette du cassoulet languedocien à la maison : cuisson des haricots blancs sans les écraser, superposition du porc et des saucisses, formation de la croûte au four, différences entre Castelnaudary, Toulouse et Carcassonne, substitutions de viande, conservation et solutions aux ratés.

Cette recette a été traduite de l’original japonais par l’équipe éditoriale de Sekai Gohan. Lire l’original (japonais)

  • Préparation12 h 45 min
  • Cuisson4 h 30 min
  • Total17 h 15 min
  • Portions4 personnes
  • NiveauIntermédiaire

Cassoulet du Sud-Ouest : haricots blancs mijotés avec porc, saucisse et poulet, surface couverte d’une croûte dorée

On brise la croûte, et la vapeur des haricots monte lentement

Quand on sort du four une large cocotte, les haricots de surface ont séché en une croûte blonde, et des bulles de gras éclatent çà et là. La cuillère s’enfonce, et sous la croûte remontent haricots blancs et jus de cuisson ; le gras du porc, les épices de la saucisse et le parfum des herbes ne font plus qu’un. Le cassoulet, c’est cela : une croûte grillée et un jus épais où les haricots restent entiers, dans une seule assiette.

Plat emblématique de l’Occitanie, dans le Sud-Ouest de la France, il est associé à Castelnaudary, Toulouse et Carcassonne. Les haricots blancs en sont toujours la vedette, mais viandes et saucisses changent d’une ville à l’autre. Plutôt que de copier une cocotte d’origine à l’identique, il est plus simple de comprendre ces différences locales, puis de redistribuer les rôles entre les ingrédients disponibles chez soi.

On met les haricots secs à tremper la veille au soir et on les précuit le lendemain. On fait dorer porc, poulet et saucisse à gros hachage, on alterne couches de haricots et de viande, et on laisse le four réduire lentement le liquide. Enfin, on grille la surface à haute température et on ne brise qu’une fois la partie sèche pour y remettre du jus. Dans cet ordre, on évite deux ratés : des haricots encore durs avec une viande trop cuite, et une surface brûlée sur un fond aqueux. La règle : attendrir d’abord les haricots, et ne pas trop dessécher la surface pendant la cuisson au four.

Toute une terre du Languedoc dans une même cocotte

L’étymologie et les origines du cassoulet font l’objet de plusieurs récits. On raconte souvent que, pendant un siège de la guerre de Cent Ans, les habitants rassemblèrent leurs derniers vivres dans une marmite ; mais même les ressources touristiques françaises expliquent qu’il est difficile de prouver cette légende comme origine certaine. Ce que l’on peut affirmer, c’est que ce long mijotage de haricots, de viande de porc ou de canard et de saucisses reste bien vivant dans la culture culinaire et touristique du Languedoc.

Cassole en terre cuite et cassoulet sur une table du Languedoc, avec pain de campagne
Le cassoulet réunit sur la table haricots, viandes de conserve, saucisses et vaisselle du terroir

Le récipient de ce plat est la cassole, un plat en terre fabriqué autour de Castelnaudary. Son fond est large et il se resserre un peu vers le haut : il garde le jus tout en permettant de griller la surface. Les ressources touristiques de Carcassonne présentent la terre cuite de la cassole comme un matériau qui diffuse la chaleur de façon homogène. À défaut de cassole, une cocotte à fond épais allant au four, où les haricots tiennent en deux couches environ, donne une chaleur comparable.

À Castelnaudary, la version la plus connue repose sur les haricots blancs, le porc et la saucisse. L’office de tourisme local présente la ville comme la destination mondiale du cassoulet, et sa fête annuelle réunit producteurs, cuisiniers, potiers et vignerons. Un plat de conserves mangé dans une seule marmite est ainsi devenu un lien entre le déjeuner familial, l’économie locale et la fête.

Les haricots ont aussi leur terroir. Autour de Carcassonne, les documents présentent le haricot appelé lingot, cultivé dans le Lauragais, comme ingrédient du cassoulet. Certaines recettes utilisent le haricot tarbais : changer de variété et d’origine modifie l’épaisseur du jus, la tenue de la peau et la texture en bouche. Employer un petit haricot blanc courant n’est pas un simple pis-aller bon marché : c’est garder le rôle d’un haricot sec qu’on réhydrate et qu’on cuit sans en éclater la peau.

Trois villes, trois garnitures

Lieu Éléments marquants Clé pour lire le goût à la maison
Castelnaudary Porc, saucisse, haricots blancs. Cuit en cassole Centrer sur la douceur des haricots et le gras du porc, sans trop de viande
Toulouse Souvent présenté avec saucisse de Toulouse et confit de canard Superposer le goût de viande de la saucisse et le parfum de la graisse de canard
Carcassonne Outre porc et canard, la version traditionnelle peut inclure de la perdrix Inutile de chercher du gibier : des morceaux avec os épaississent le jus

Ces différences ne servent pas à désigner un vainqueur. Elles montrent que, sous le nom de cassoulet, cohabitent haricots du terroir, saucisses faites à proximité, viandes de conserve et vaisselle locale. Chez soi, un confit de canard rend le parfum plus riche ; des hauts de cuisse de poulet allègent le goût de viande. Selon ce choix, la même cocotte de haricots pèse plus ou moins lourd sur la table.

Pour comparer avec d’autres plats où haricots et viandes de conserve mijotent ensemble, voyez la garbure (en japonais), épaisse soupe de chou et de racines du Sud-Ouest, ou la fabada (en japonais) du nord de l’Espagne, centrée sur chorizo et haricots blancs. Le cassoulet n’est pas un intermédiaire : son centre de gravité est de garder le jus des haricots tout en grillant la surface.

Ingrédients et lignes directrices du goût

Ingrédients du cassoulet : haricots blancs secs, porc, saucisse, haut de cuisse de poulet, aromates, herbes et cocotte en fonte sur le plan de travail
Peser séparément haricots et viandes, et distinguer d’avance ce qui sera saisi de ce qui sera mijoté

Pour 4 personnes, en plat principal : du pain et une simple salade verte suffisent. Avec des haricots secs, il faut compter 8 à 12 heures de trempage et le temps de précuisson. En semaine, le rythme le plus simple : haricots à tremper le vendredi soir, mijotage le samedi matin.

Ingrédients (4 personnes)

Ingrédient Quantité Rôle et substitutions
Haricots blancs secs (petits haricots blancs) 300 g À la place du lingot ou du haricot tarbais. Les cannellini conviennent
Poitrine de porc (en morceau) 250 g Sans couenne possible. En cubes de 3 cm
Échine de porc (en morceau) 200 g Partie moins grasse. En cubes de 3 cm
Cuisses de poulet avec os 2 (environ 500 g) Version maison sans confit de canard. Couper chacune en deux à l’articulation
Saucisse de porc à gros hachage 300 g Tronçons de 6 à 8 cm. De préférence crue
Oignon 1 (200 g) Dés de 1 cm. Base de douceur
Carotte 1 (150 g) Dés de 1 cm. Ajoute de la douceur au jus
Ail 4 gousses (20 g) Écrasées. Ne pas brûler
Tomates concassées 200 g Certaines régions et familles s’en passent. Quantité limitée pour ne pas trop acidifier
Laurier 2 feuilles Ou 3 brins de thym
Thym 3 brins On peut ajouter 2 tiges de persil
Bouillon de volaille ou de porc non salé 700 ml Avec 500 ml d’eau de cuisson des haricots ; ajuster pour couvrir juste la surface
Chapelure 30 g Pour la croûte. En cas d’allergie au blé, chapelure de riz
Persil plat 10 g Haché. Mélangé à la chapelure
Huile d’olive ou saindoux non salé 1 c. à soupe Pour saisir la viande. On peut garder la graisse rendue par la poitrine
Sel Environ 7 g au total Ajuster à la fin selon le sel de la saucisse et du bouillon
Poivre noir 1/2 c. à café Moulu grossièrement

Pesez 300 g de haricots secs. Ils s’alourdissent en absorbant l’eau pendant la nuit : ne les repesez pas après trempage. Le sel des saucisses varie selon les produits : ne salez le porc qu’avec 2 g au départ, goûtez le jus et ajoutez le reste ensuite.

Si vous disposez de confit de canard, utilisez 2 cuisses à la place du poulet. Déjà cuit, il ne se met pas à mijoter dès le début, mais entre les haricots juste avant la cuisson finale. S’il y a beaucoup de graisse de canard, supprimez l’huile et ne grillez que la surface, peau vers le haut. La version au poulet est plus discrète en parfum, mais poitrine et saucisse donnent gras et sel au jus : le plat garde son assise.

Haricots secs ou en conserve ?

Si vous ne trouvez pas de petits haricots blancs près de chez vous, ou si vous voulez toujours la même taille de grain, il est utile d’en acheter en épicerie spécialisée ou en ligne. Les haricots en conserve sont prêts à l’emploi, mais on ne peut pas remettre leur eau de précuisson pendant la cuisson au four, et leur peau éclate facilement. Avec des haricots secs, on garde l’eau de cuisson et on en rajoute peu à peu quand le four a réduit le liquide.

Vérifiez l’origine, le poids du sachet et s’il est refermable. La recette utilise 300 g pour 4 personnes : conservez le reste hermétiquement, au frais et à l’abri de la lumière, pour un prochain plat de légumineuses.

Pour la cocotte, regardez le fond plutôt que la contenance

Si haricots et viandes s’empilent trop haut, seule la surface sèche et le jus reste au fond. Pour 4 personnes, une cocotte épaisse d’environ 22 cm de diamètre intérieur, allant au four, est pratique. Si vous avez déjà une cocotte en fonte ou un plat en terre équivalent, inutile d’en racheter. N’envisagez une cocotte en fonte que si vous n’avez qu’une casserole fine qui chauffe trop vite par le fond.

Pour une cocotte de 22 cm, vérifiez la température maximale au four, le matériau du couvercle, le diamètre intérieur et le poids. Une cocotte lourde garde la chaleur, mais elle est plus pénible à sortir et à laver : vérifiez aussi que vous pouvez la soulever sans risque depuis votre étagère.

Préparation : ne pas écraser les haricots, faire naître la croûte

Avant d’enfourner, vérifiez que poignées et couvercle supportent la haute température. Même en fonte, si le bouton est en résine, regardez d’abord la température maximale indiquée par le fabricant. Gardez environ 500 ml d’eau de cuisson des haricots pour en remettre sur les zones sèches pendant la cuisson.

  1. Réhydrater les haricots et les précuire jusqu’à un cœur légèrement ferme

    trempage 8–12 h, précuisson 60–75 min

    Lavez 2 fois les 300 g de haricots secs et faites-les tremper dans 3 fois leur volume d’eau (environ 900 ml). Par temps chaud, mettez-les au réfrigérateur ; après 8 heures, ouvrez-en un pour regarder le cœur. Quand ils ont gonflé et que les rides de la peau ont disparu, jetez l’eau et versez-les dans une casserole. Couvrez d’eau fraîche à 4 cm au-dessus, portez à ébullition, écumez, puis baissez à feu doux.

    Après 60 minutes, goûtez un haricot. Arrêtez quand l’extérieur est tendre et que le cœur garde une toute petite résistance. Cuits au point de s’écraser en farine sous le doigt, ils se défont pendant la cuisson au four. Ne jetez pas l’eau de cuisson : réservez-en au moins 500 ml, sans sel.

    Haricots blancs réhydratés précuits doucement dans une casserole, sans éclater leur peau
    Arrêter la précuisson quand le cœur résiste à peine, et garder l’eau de cuisson
  2. Saisir successivement les viandes et les aromates

    25 min, feu moyen à moyen-vif

    Épongez la poitrine et l’échine au papier absorbant, salez avec 2 g de sel et poivrez. Mettez l’huile dans la cocotte à feu moyen-vif et faites dorer le porc sans le tasser, 2 à 3 minutes par face, jusqu’à ce qu’il soit bien brun. Retirez-le, puis saisissez le poulet 4 minutes côté peau et 2 minutes de l’autre côté. Il ne s’agit pas de cuire à cœur : ne goûtez pas la viande crue, et utilisez une assiette et des baguettes distinctes pour la viande retirée.

    Dans la même cocotte, faites dorer la saucisse 2 à 3 minutes, puis ajoutez oignon et carotte. Faites revenir 5 minutes jusqu’à ce que l’oignon soit translucide, ajoutez l’ail et laissez-le embaumer 30 secondes seulement. Versez les tomates, raclez les sucs du fond à la cuillère en bois et laissez cuire 2 minutes. Forcer à incorporer des brûlures noirâtres donne de l’amertume : retirez les sucs carbonisés.

    Repère : la viande se détache d’elle-même du fond, et les aromates ont perdu leur eau et se déplacent en un bloc sous la cuillère. Quand il reste au fond une fine couche de gras clair et que la tomate est bien liée, sans eau qui se sépare, passez à l’assemblage.

    Porc, cuisses de poulet et saucisse saisis dans une cocotte épaisse, aromates et tomate ajoutés
    Saisir la viande, faire revenir les aromates et dissoudre les sucs du fond avec la tomate
  3. Superposer haricots et viandes, mijoter à basse température

    90 min à 160 °C, 60 min à 140 °C

    Préchauffez le four à 160 °C. Étalez au fond de la cocotte la moitié des haricots précuits, disposez porc, poulet et saucisse, puis couvrez du reste des haricots. Ajoutez oignon, carotte, laurier et thym avec leur jus, puis versez bouillon et eau de cuisson des haricots jusqu’à couvrir tout juste la surface. Trop de liquide empêche la croûte de se former : visez 5 mm au-dessus des haricots.

    Enfournez sans couvercle 90 minutes à 160 °C. Au bout de 40 minutes, tournez une seule fois la cocotte pour égaliser la cuisson. Si la surface sèche et que seul le bord frémit, ajoutez 50 ml d’eau de cuisson réservée. Après 90 minutes, goûtez un haricot ; si le cœur est encore dur, baissez à 140 °C et poursuivez 60 minutes. On passe à la suite quand la peau des haricots a perdu son brillant et que la viande a été chauffée à cœur à 75 °C pendant au moins 1 minute.

    Haricots blancs, viandes et saucisses en couches dans la cocotte, jus versé jusqu’à la surface des haricots
    Alterner haricots et viandes, sans trop noyer la surface
  4. Gratiner, laisser reposer, puis servir

    20–25 min à 220 °C, repos 15 min

    Sortez la cocotte du four et retirez laurier et thym. Si la surface est aqueuse, parsemez finement de chapelure mélangée au persil haché. Remettez dans le four monté à 220 °C et faites cuire 20 à 25 minutes, jusqu’à ce que la surface soit dorée et que le jus bouillonne sur les bords.

    Si, en cours de cuisson, seule la surface sèche et se fendille, et que les haricots paraissent farineux, brisez une seule fois la zone fendue avec le dos d’une cuillère et versez 50 à 100 ml d’eau de cuisson. Le repère : ne briser la croûte qu’une fois, et seulement si elle sèche, pour y remettre du jus. Plus on mélange, plus les haricots s’écrasent et plus le jus s’alourdit. Une couleur blonde et de petites bulles le long du bord signalent que c’est prêt.

    La croûte réussie se brise finement au contact du dos de la cuillère, et les haricots dessous restent entiers, enrobés de jus. Si le jus du bord ne coule pas comme de l’eau mais nappe légèrement les haricots, c’est qu’il n’a pas trop séché.

    Ne mélangez pas le cassoulet à la sortie du four : laissez-le reposer 15 minutes. Prélevez le poulet, vérifiez qu’il est cuit jusqu’autour de l’os, puis coupez-le en morceaux. Servez en puisant au fond haricots, jus et viande, en gardant un peu de croûte sur le dessus.

    Surface du cassoulet brisée une seule fois à la cuillère, laissant voir jus et viande
    Laisser reposer quand la surface est blonde, que le bord bouillonne et que le jus reste sous la croûte

Haricots durs, trop de jus, surface brûlée : que faire

Avec le cassoulet, mieux vaut corriger l’eau et la chaleur avant d’ajouter de l’assaisonnement. Avant de mélanger énergiquement, vérifiez un haricot, la surface et le jus du fond.

Le cœur des haricots reste dur

S’ils étaient déjà durs après la précuisson, n’essayez pas de rattraper en montant la température du four. Ajoutez 150 ml d’eau de cuisson chaude, couvrez et prolongez par tranches de 30 minutes à 140 °C. Ne grillez la surface qu’une fois le cœur tendre. Des haricots anciens se réhydratent mal et peuvent demander plus de 90 minutes de précuisson.

Seul le fond a brûlé

Sortez la cocotte et, sans remuer le fond brûlé, transférez seulement les haricots et la viande du dessus dans une autre cocotte. Si l’odeur de brûlé ne les a pas imprégnés, ajoutez 100 ml d’eau de cuisson chaude et remettez 20 minutes à 140 °C. Gratter le brûlé et le mélanger répand l’amertume : jetez le fond.

Trop de jus, pas de croûte

Si les haricots ne se sont pas défaits, prolongez de 20 à 30 minutes à 160 °C sans couvercle. Plutôt que de couvrir d’une épaisse couche de chapelure, faites d’abord évaporer un peu de jus puis parsemez finement : le parfum des haricots reste. Même si vous servez plus tard, ne faites pas évaporer tout le liquide : gardez un peu de jus sur les bords.

Seule la surface a noirci

Retirez finement les parties noires et versez 50 ml d’eau de cuisson chaude le long du bord. La prochaine fois, réduisez de 10 minutes le passage à 220 °C et placez la cocotte au gradin du milieu plutôt qu’en bas. L’amertume du noir ne se rattrape ni dans la viande ni dans les haricots : ne prenez pas une croûte très foncée comme critère de réussite.

À table, on cueille les haricots brûlants avec du pain

Cassoulet servi dans une assiette large avec pain de campagne et salade verte, table du Sud-Ouest
Haricots et viande dans la même assiette, et du pain pour recueillir le jus

Juste après le repos, l’écart de température entre la croûte et le jus du fond s’est réduit, et la douceur des haricots se perçoit le mieux. Faites griller légèrement du pain de campagne ou une baguette et servez-vous-en pour cueillir le jus. Plutôt que de mélanger le pain au plat, posez-le à côté de l’assiette : on profite séparément de la croûte et du fondant des haricots.

Les ressources touristiques d’Occitanie évoquent un cassoulet accompagné de vin rouge du Languedoc et de pain de campagne. Une petite salade acidulée ou quelques pickles non sucrés évitent que le gras du porc et la densité des haricots ne lassent. Plutôt que de forcer sur les épices, mettez l’acidité dans une assiette à part pour rafraîchir la bouche entre deux bouchées.

Le cassoulet est encore meilleur le lendemain. Une fois tiédi, répartissez-le dans des boîtes peu profondes et mettez-le au réfrigérateur ; à la maison, consommez-le sous 2 jours. Ne le laissez pas longtemps à température ambiante, et réchauffez dans une cocotte ou un plat allant au four seulement la portion à manger, jusqu’à ce qu’elle soit bien chaude à cœur. Le ministère japonais de la Santé recommande de répartir les plats préparés dans des récipients peu profonds pour les refroidir vite et de les réchauffer à cœur. Pour congeler, portionnez avant la formation de la croûte ; après décongélation, ajoutez un peu de jus avant de gratiner.

Ce plat contient des haricots blancs : les personnes allergiques aux légumineuses concernées doivent s’abstenir. Saucisses, chapelure et bouillon peuvent contenir blé, lait ou d’autres viandes que le porc. Vérifiez les étiquettes et, même en version au poulet, ne partagez pas ustensiles et pinces de service.

Questions fréquentes

Peut-on utiliser des haricots blancs en conserve ?

Oui. Remplacez les 300 g de haricots secs par 700 à 800 g de haricots égouttés. Supprimez la précuisson et utilisez du bouillon non salé à la place de l’eau de cuisson. Les haricots étant déjà tendres, réduisez la cuisson à 160 °C à 60 minutes et surveillez seulement la surface sans mélanger. Si le jus manque de corps, écrasez 3 c. à soupe de haricots et remettez-les.

Sans canard, s’éloigne-t-on de l’original ?

À Castelnaudary, Toulouse ou Carcassonne, l’association des viandes n’est pas figée. Le confit de canard apporte gras et parfum de conserve ; ici, les cuisses de poulet avec os donnent au jus le bouillon de la viande. Commencez avec le poulet, puis essayez le canard : vous comparerez facilement les parfums.

Peut-on utiliser un plat en terre ou une cocotte ordinaire ?

Un plat en terre allant au four convient. S’il craint les chocs thermiques, mettez-le froid dans le four en préchauffage et suivez la notice du fabricant. Une casserole réservée au feu ne va pas au four : faites mijoter haricots et viandes sur le feu, puis transférez dans un plat allant au four pour ne gratiner que la surface. Avec une casserole à fond fin et un long mijotage, gardez un feu doux et ajoutez de l’eau de cuisson avant que le fond ne sèche.

Faut-il briser la croûte plusieurs fois ?

On lit souvent qu’on brise la croûte plusieurs fois pour y remettre du jus. À la maison, en une journée, il suffit de la briser une fois quand elle sèche. Plus on mélange, plus la croûte se défait et plus les haricots du fond s’écrasent. Décidez en regardant à la fois la couleur blonde, les bulles du bord et la forme des haricots.

Que surveiller en réchauffant les restes ?

Prélevez seulement la portion à manger dans un récipient peu profond et réchauffez jusqu’à ce que le cœur soit bien chaud. S’il manque de liquide, ajoutez bouillon non salé ou eau de cuisson par 2 c. à soupe, et couvrez avant que la surface ne brûle. Pour regratiner le lendemain, ne retirez le couvercle que pendant les 10 à 15 dernières minutes. Ne refroidissez et ne réchauffez pas plusieurs fois : mangez en une fois ce que vous avez prélevé.

La nuit où trempent les haricots, l’odeur du porc qui monte de la cocotte, le bruit de la croûte qui se brise : le cassoulet est un plat où l’on mange aussi le temps. Connaître les différences de viande selon les villes fait du remplacement du canard par du poulet, ou des haricots locaux par d’autres petits haricots blancs, non pas un compromis mais un choix de rôle. Attendrir le cœur des haricots, garder du jus, ne sécher la surface qu’à la fin : avec ces trois règles, on porte sur sa table le caractère d’une cocotte du Sud-Ouest.

Sources