Pernil portoricain avec sa couenne croustillante
Préparation40 min
Cuisson5 h
Portions6 personnes
CuisinePortoricaine

Pernil portoricain : l’épaule de porc rôtie lentement, à l’ail et à l’origan

Le pernil portoricain : épaule de porc marinée une nuit à l’ail, à l’origan et aux agrumes, rôtie à basse température jusqu’à s’effilocher, avec une couenne croustillante. Contrôle des températures, substituts sans couenne, conservation, sandwichs et mofongo du lendemain.

Total: 5 h 40 minNiveau: Intermédiaire

Cooking flow

Étapes de préparation

STEP 11 / 8

Éponger la viande et examiner la couenne

5 min

Épaule de porc à couenne : la couenne et la couche de gras protègent la viande d’un dessèchement pendant la longue cuisson
Ne pas retirer complètement la couenne : ménager dessous un espace où glisser l’assaisonnement

Sortez 1.8 kg de porc du réfrigérateur et épongez la surface au papier absorbant. S’il y a une couenne, ne la décollez pas entièrement : passez le couteau par un bord pour créer une poche peu profonde entre couenne et viande. Sans couenne, laissez un peu de gras en surface.

STEP 22 / 8

Inciser la viande

8 min

Grosse épaule de porc : en glissant l’assaisonnement dans les incisions, le parfum atteint le cœur
Les incisions sont le chemin du goût : enduire seulement la surface laisse facilement le cœur fade

Du côté de la chair, faites avec la pointe du couteau une vingtaine de trous d’environ 2 cm de profondeur. N’ouvrez pas de grandes fentes : il suffit que l’on puisse y enfoncer la pâte d’ail. S’il y a une couenne, quadrillez finement sa surface sans entailler la viande.

STEP 33 / 8

Préparer l’adobo à l’ail

5 min

Marinade du pernil à l’ail, à l’origan et aux agrumes avant d’être appliquée sur la viande
Le parfum d’ail et d’origan est l’axe du pernil

Dans un mortier ou un robot, mettez 12 gousses d’ail, 24 g de gros sel, 2 c. à soupe d’origan séché, 1 1/2 c. à café de poivre noir, 1 c. à café de cumin, 3 c. à soupe de vinaigre, 80 ml de jus d’orange, 2 c. à soupe de jus de citron vert et 3 c. à soupe d’huile d’olive, et réduisez en pâte grossière. Ne la liquéfiez pas complètement : avec quelques morceaux d’ail restants, elle s’enfonce plus facilement dans la viande.

STEP 44 / 8

Introduire la marinade dans les incisions et sous la couenne

Pernil rôti : le goût pénètre entre couenne et viande et le parfum se libère à la découpe
En assaisonnant sous la couenne et dans les incisions, même une pièce épaisse ne reste pas fade à cœur

Avec une petite cuillère, enfoncez la pâte dans les incisions, puis enduisez le reste de la viande. S’il y a une couenne, n’appliquez pas une couche épaisse de marinade acide sur la surface de la couenne : étalez seulement un peu de sel. Une couenne trop mouillée sèche mal à la finition du lendemain.

STEP 55 / 8

Laisser mariner une nuit

Préparer une grosse pièce de porc à la cuisson : la laisser revenir à température ambiante limite les différences de cuisson
Si elle est froide jusqu’au dernier moment, la température à cœur monte mal. Une grosse pièce se laisse un peu tiédir

Mettez la viande dans un plat profond, filmez et laissez au réfrigérateur de 8 à 24 heures. Si la viande a sa couenne, retirez le film 2 heures avant la finition pour que seule la couenne soit à l’air : elle séchera mieux. Si le cœur de la viande est encore froid, le temps de cuisson s’allonge : sortez-la du réfrigérateur 60 minutes avant de commencer.

STEP 66 / 8

Rôtir doucement à 160 °C

Épaule de porc rôtie lentement à basse température
Avec du temps à basse température, le tissu conjonctif de l’épaule se défait et la viande s’effiloche

Préchauffez le four à 160 °C. Posez la viande sur une plaque ou dans un plat à rôtir, couenne vers le haut. Pendant les 3 premières heures, couvrez légèrement de papier d’aluminium. Si la plaque s’assèche trop en cours de route, ajoutez environ 3 c. à soupe d’eau ou de jus d’orange.

STEP 77 / 8

Vérifier la température à cœur et la tendreté

Assiette de rôti de porc tendre découpé : remettre le jus le rend moelleux
Quand la viande est tendre jusqu’au cœur, on passe à la finition à haute température

Passé 3 heures, contrôlez toutes les 30 minutes avec une brochette en bambou ou un thermomètre. Pour une viande qui s’effiloche, visez une température à cœur de 90 à 93 °C. C’est réussi quand une fourchette plantée puis tournée sépare les fibres sans résistance sur environ 5 cm. Pour 1.8 kg de viande, comptez parfois 4 à 5 heures au total.

STEP 88 / 8

Finir la couenne à haute température, puis laisser reposer

Surface du rôti de porc après la cuisson : le parfum ajouté par la forte chaleur
La couenne se sèche en dernier à haute température. Le temps de repos de la viande influe aussi sur le résultat

Quand la viande est tendre, retirez l’aluminium, montez le four à 230 °C et enfournez 10 à 20 minutes. Quand la couenne a gonflé en bulles et durci, sortez-la et laissez reposer 20 minutes. Pour une viande sans couenne, badigeonnez la surface de jus et enfournez 10 minutes à 220 °C pour ajouter du parfum. Remettez un peu du jus de la plaque sur la viande tranchée, juste de quoi l’enrober légèrement avant de servir.

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Ingredients

Ingrédients

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Ingrédients principaux

Ingrédient Quantité Substitutions et remarques
Échine ou bloc d’épaule de porc 1.8 kg Avec couenne et os, idéalement. Sans couenne : échine ou épaule, plutôt que jambon
Gros sel 24 g Environ 1,3 % du poids de la viande. À réduire si l’on utilise un assaisonnement adobo
Ail 12 gousses (environ 45 g) Écrasé en pâte plutôt que râpé
Origan séché 2 c. à soupe L’origan mexicain donne un parfum proche
Poivre noir 1 1/2 c. à café Concassé
Cumin 1 c. à café Trop, et ce serait un autre plat : rester modéré
Vinaigre de vin blanc 3 c. à soupe Le vinaigre de cidre convient aussi
Jus d’orange 80 ml Substitut de l’orange amère, voir ci-dessous
Jus de citron vert 2 c. à soupe Le jus de citron convient aussi
Huile d’olive 3 c. à soupe Pour faire adhérer la marinade à la viande
Sucre 1 c. à café Aide à la coloration. Facultatif
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L’histoire du pernil : le soir où l’odeur d’ail s’échappe du four

Quand on sort du réfrigérateur l’épaule de porc qui y a passé la nuit, l’ail, l’origan, le vinaigre et les agrumes envahissent la cuisine. On enfourne la grosse pièce et on la rôtit lentement, à basse température. Pendant les premières heures, il ne se passe rien de spectaculaire. Mais vers la fin de l’après-midi, l’air de la maison change : la graisse fond, la couenne sèche et un jus ambré s’accumule au fond de la plaque. Le pernil (pernil asado), plat de fête portoricain, est un plat dont même l’attente fait partie du centre de la table.

Pernil rôti, couenne brisée posée à côté de la viande : rôti de porc portoricain
Le pernil est une grosse épaule de porc rôtie longuement à basse température, avec une couenne croustillante en fin de cuisson

Le pernil est un rôti de porc caribéen : épaule ou jambon de porc mariné à l’ail, à l’origan, au sel, au poivre, au vinaigre ou aux agrumes, puis rôti longtemps à basse température. On le mange à Porto Rico, en République dominicaine, à Cuba, au Venezuela, en Colombie et ailleurs, mais quand on parle de « Puerto Rican pernil » en anglais, il s’agit le plus souvent de cette épaule de porc généreuse, avec sa couenne, servie à la Nochebuena (réveillon de Noël) et lors des réunions de famille.

Ce qui est difficile hors de l’île, ce n’est pas l’assaisonnement. C’est de trouver une « épaule de porc avec couenne et os » et de maîtriser la température qui rend la couenne croustillante. Cet article part de la version authentique, avec une épaule à couenne, puis propose des compromis réalistes : bloc d’échine sans couenne, poitrine à couenne, petit four, cuisson sans basse température contrôlée.

Si le mofongo est le goût de l’île, de la banane plantain et de l’ail, le pernil est celui du porc et des fêtes de famille. Parmi les plats de porc caribéens, il se rapproche du griot (en japonais) haïtien ou de la ropa vieja cubaine. On rôtit une grosse pièce et on la recycle le lendemain en sandwich ou en arepa : ce plat est aussi bon après coup, et c’est sa force.

À propos du nom

En espagnol, pernil désigne une grosse pièce de cuisse ou d’épaule de porc. Comme plat familial portoricain, il désigne le plus souvent une épaule à couenne rôtie lentement et parfumée à l’ail ; la couenne cuite s’appelle cuero ou cuerito et on l’attend autant que la viande.


Le contexte du plat : Nochebuena et culture du rôti sur la route du porc

Rôti de porc dressé comme le pernil portoricain, avec des zones dorées visibles à côté de la viande
Avec une épaule à couenne, la viande reste protégée par son jus et la couenne devient parfumée à la fin

Quand on se penche sur les tables de fête portoricaines, le pernil apparaît presque toujours aux côtés de l’arroz con gandules (riz aux pois d’Angole), des pasteles, des tostones et du coquito. Dans la présentation du repas de Noël des familles portoricaines par le Smithsonian Center for Folklife and Cultural Heritage, l’épaule de porc en pernil est décrite comme une version pratique, plus facile à réussir à la maison, du cochon entier rôti, le lechón.

Dans les montagnes de l’île, certains lieux symbolisent la culture du porc. À Guavate, près de Cayey, les lechoneras, restaurants de porc rôti, bordent la route PR-184 ; les médias touristiques l’appellent la « Pork Highway ». Le week-end, des familles montent en voiture par la route de montagne et s’installent longuement devant du rôti de porc, du mofongo, du manioc, des plats de riz et des boissons fraîches. Le pernil est un plat de four domestique, mais derrière lui se trouve cette culture insulaire qui consiste à rôtir lentement un porc pour le partager.

Les sites de cuisine portoricaine en anglais ont un point commun : ils ne traitent pas le pernil comme un rôti rapide. Delish D’Lites insiste pour utiliser une épaule « picnic » à couenne et pour enfoncer dans les incisions une pâte d’ail et d’origan. The Noshery montre comment ne pas décoller entièrement la couenne mais créer une poche dessous pour y glisser l’assaisonnement. Dans les deux cas, l’idée est que le goût ne suffit pas à la surface : il doit entrer à l’intérieur de la viande.

C’est cette étape de « farcir les incisions » qui distingue le plus le pernil d’un rôti de porc ordinaire. Au lieu d’enduire seulement la surface, on envoie directement l’ail, le sel, l’origan et le vinaigre dans la chair. Comme la cuisson est longue, un parfum de surface ne tiendrait pas jusqu’au bout. Quand on tranche une grosse épaule et que l’ail a atteint le cœur, c’est cela, le pernil.


Ingrédients (6 personnes) | Comment s’en approcher quand on ne trouve pas de couenne

Épaule de porc crue : une grosse pièce résiste à une cuisson longue sans se dessécher
Sur l’île, c’est l’épaule « picnic » à couenne et avec os. Ailleurs, un bloc d’échine est facile à utiliser à la place

Pour approcher la version authentique, l’idéal est une épaule de porc avec couenne et os. Mais elle est parfois difficile à trouver ailleurs que chez le boucher ou en vente professionnelle. Pour une première fois, on peut aussi faire un bloc d’échine sans couenne : on retrouve alors la viande effilochée du pernil, mais le croustillant de la couenne, le cuerito, sera différent.

Si l’on n’a pas de viande à couenne

Situation À utiliser Jugement
Seulement de l’échine sans couenne Échine de porc 1.8 kg La viande est bonne. Renoncer au cuerito et renforcer la coloration de surface
On veut aussi la texture de la couenne Poitrine de porc à couenne 300 g, cuite à part Pas tout à fait authentique, mais on ajoute du croustillant à table
Pas de viande avec os Bloc désossé Raccourcir la cuisson et décider d’après la température à cœur
Four trop petit 2 blocs de 1 kg Répartir la marinade dans les mêmes proportions. La cuisson est plus courte
Allergies et sécurité alimentaire

Cette recette contient du porc. Les assaisonnements adobo, sazón ou à la sauce Worcestershire du commerce peuvent contenir du blé, du soja ou des produits laitiers selon la marque. Le porc doit être cuit à cœur ; comme cet article vise une viande qui s’effiloche, on pousse la cuisson jusqu’à une température à cœur d’environ 90 °C.

Si l’on trouve de l’orange amère (naranja agria), c’est le mieux. Mais elle est rare en dehors des Caraïbes et de l’Amérique latine. En pratique, mélanger 80 ml de jus d’orange, 2 c. à soupe de jus de citron vert et 1 c. à soupe de vinaigre rapproche l’équilibre entre douceur et acidité. Avec du citron seul, le parfum devient trop vif ; avec de l’orange seule, c’est trop sucré.

Avec de l’adobo ou du sazón, on se rapproche du goût des familles portoricaines. Mais beaucoup de produits sont très salés : la première fois, utilisez-les en petite quantité comme « aide aromatique » et mesurez le sel à part. Pour les achats, choisir d’abord la viande, puis l’origan séché, et ajouter l’adobo ou le sazón en dernier, c’est l’ordre qui fait le moins de ratés.

Le pernil étant une grosse pièce, il vaut la peine de comparer la taille de la viande et celle de la plaque avant d’acheter.


Préparation | Mariner une nuit, rôtir longuement à basse température jusqu’à l’effilochage

Épaule de porc rôtie à basse température : viande tendre, couenne et surface colorées
Ne pas se presser avec le pernil : on attendrit la viande à basse température et on ne monte la chaleur qu’à la fin

On commence la veille. Si l’on veut tout faire le jour même, le goût ne pénètre pas à cœur et le temps de cuisson est difficile à prévoir. Marinez au moins 8 heures, idéalement une nuit. Le jour de la cuisson, mieux vaut viser le dîner que le déjeuner.

Avec un petit four

Dans un petit four, la résistance du haut est proche et la couenne brûle facilement. Privilégiez l’étape à 160 °C qui attendrit la viande et contrôlez toutes les 10 minutes la finition à haute température. Si la couenne brûle avant, retirez-la et cuisez-la à part sous un gril ou dans un grille-pain : le résultat est plus propre.


Les astuces de cuisson | Couenne, sel et repos font la différence

Sandwich au pernil : les restes du lendemain vont très bien avec le pain
Le pernil se mange aussi bien sorti du four qu’en sandwich le lendemain
Décider du sel d’après le poids de la viande

Pour une grosse pièce, ne raisonner qu’en « cuillères à café » donne un goût irrégulier. La première fois, visez du sel à 1,2–1,5 % du poids de la viande. Si vous utilisez un assaisonnement adobo, il contient du sel : réduisez la quantité totale. Avec trop peu de sel, le rôti n’a de goût qu’en surface.

Ne pas trop mouiller la couenne

Pour une couenne croustillante, sa surface doit être sèche. Après avoir enduit toute la viande de marinade, épongez légèrement la seule couenne au papier, saupoudrez-la d’un peu de sel et laissez-la sécher au réfrigérateur : le résultat est meilleur. Du goût sous la couenne, de la sécheresse dessus : cette répartition compte.

Juger la tendreté à l’état de la viande, pas au temps

The Noshery indique comme repère pour une épaule à couenne et os environ 35 à 40 minutes de cuisson par livre. Mais cela varie avec la forme de la pièce, la présence d’os et le caractère du four. Dans une cuisine familiale, privilégiez « se défait-elle à la fourchette » et « la température à cœur est-elle d’environ 90 °C » plutôt que le temps.

L’acidité ne sert pas seulement à attendrir

Vinaigre et agrumes ne sont pas une magie qui attendrit radicalement la viande. Si elle s’attendrit pendant la longue cuisson, c’est parce que le tissu conjonctif de l’épaule se défait. L’acidité sert surtout à couper la lourdeur de la graisse de porc et à éclaircir l’ail et l’origan. Si l’on en met trop, l’odeur devient celle d’un porc braisé : gardez l’équilibre.


Variantes | À adapter au four de la maison

Assiette de rôti de porc finement tranché : à la maison, le pernil se coupe, s’effiloche ou se glisse dans du pain
Le pernil restant, effiloché et glissé dans du pain, devient le déjeuner du lendemain

Version à l’échine sans couenne

Si l’on ne trouve pas de viande à couenne, faites-le avec 1,2 à 1,5 kg d’échine de porc. Réduisez la marinade aux trois quarts environ, selon le poids de la viande, et raccourcissez la cuisson. La texture de la couenne n’y est pas, mais en glissant l’ail et l’origan dans les incisions, le goût à la bouche reste dans la direction du pernil. En finissant la surface à haute température pour renforcer la coloration, on gagne en satisfaction.

Version avec poitrine à couenne en plus

Si l’on ne trouve pas d’épaule à couenne mais que l’on veut du cuerito, préparez à part de la poitrine de porc à couenne. Salez 300 g de poitrine à couenne, rôtissez 1 heure à 160 °C, puis faites gonfler la couenne à 230 °C. Ce n’est pas la même chose que la pièce principale, mais une couenne croustillante à table suffit à donner le plaisir du pernil.

Version précuite à la cocotte-minute

Les jours où l’on n’a pas 5 heures de four, on peut attendrir d’abord la viande en autocuiseur, puis colorer la surface au four. Mettez la viande marinée et 100 ml d’eau dans l’autocuiseur et cuisez 45 minutes sous pression. Après décompression naturelle, sortez la viande et enfournez 20 minutes à 220 °C. Le parfum reste inférieur à celui d’une longue cuisson au four, mais c’est une excellente solution réaliste en semaine.

Façon vénézuélienne ou caribéenne

Pour aller vers le Venezuela, glissez la viande restante dans des arepas avec avocat, fromage blanc et haricots noirs : c’est naturel. Vers Cuba, renforcez un mojo de citron vert, d’orange et d’ail et glissez la viande dans du pain, façon sandwich cubain.


Comment le servir | Mofongo, riz aux haricots, plantain

Arroz con gandules, riz portoricain aux pois d’Angole que l’on pose souvent à côté du pernil
Avec le pernil, un plat de riz, du plantain, des haricots et une salade acidulée rendent la table cohérente

Le pernil ne se suffit pas de la viande. La graisse et l’ail sont forts : du riz, des haricots, du plantain et de l’acidité à côté le rendent plus facile à manger. À une table de fête portoricaine, on trouve l’arroz con gandules, des pasteles, des tostones, de l’avocat, une salade de pommes de terre à la mayonnaise, du coquito, etc.

Chez soi, il n’est pas nécessaire de tout réunir dès le départ. Avec du riz blanc tout juste cuit, des haricots noirs en conserve mijotés rapidement, une salade de laitue et de tomate et le mofongo, on est déjà très proche de la table caribéenne. Comme le mofongo mêle le parfum de l’ail et des chicharrones, mieux vaut le faire petit les jours où le pernil est la vedette.

Si vous effilochez la viande pour des tacos ou des sandwichs, remettez-y d’abord un peu de jus. Effilochée froide, elle se dessèche facilement et son parfum faiblit. Dans du pain, avec oignon en fines lamelles, cornichons, moutarde et citron vert, la graisse ne pèse pas.

En comparaison avec d’autres plats de porc caribéens, le griot (en japonais) est mijoté dans les agrumes puis frit : l’extérieur est plus croustillant. Le poulet jerk jamaïcain est un plat d’épices et de fumée. Le pernil est entre les deux, avec comme axes l’ail, l’origan et la tendreté d’un rôti à basse température.


Conservation et préparation à l’avance | Rôtir en grand, penser au lendemain

Rôti de porc réparti dans des assiettes : pour la réfrigération ou la congélation, remettre un peu de jus et diviser en portions
Le pernil se prépare à l’avance : en portionnant avec le jus, il sèche moins au réchauffage

Le pernil est un plat que l’on rôtit en prévoyant des restes. Sorti du four, la couenne est la vedette ; le lendemain, le parfum de la viande s’est apaisé et elle se recycle plus facilement en sandwich, arepa, riz sauté ou soupe. Mais mal conservée, elle devient d’un coup sèche.

Une fois refroidie un peu, effilochez la viande en gros morceaux, remettez-y 2 à 3 c. à soupe de jus de plaque et mettez-la en boîte. Au réfrigérateur, comptez 3 jours. Pour congeler, divisez en portions d’un repas avec le jus et utilisez dans les 2 à 3 semaines. Pour réchauffer, ne desséchez pas au seul micro-ondes : dans une poêle, avec 1 à 2 c. à soupe d’eau ou de jus, couvrez et réhydratez à la vapeur à feu doux, c’est plus moelleux.

Mieux vaut ne pas conserver la couenne avec la viande. Réfrigérée, elle absorbe l’humidité et ramollit : l’idéal est de la manger le jour même. S’il en reste, repassez-la brièvement au grille-pain ou sous un gril le lendemain. Elle brûle facilement : ne la quittez pas des yeux.

Quand on achète une grosse pièce, ce n’est pas seulement la cuisson qui inquiète. Si l’on voit déjà ce que l’on fera des restes, l’appréhension de mettre 1.8 kg de viande dans le panier diminue beaucoup. Un sandwich au pernil le lendemain midi, de la viande sur du riz avec des haricots noirs le soir : avec ce programme, le pernil n’est plus le festin d’une nuit mais un plat qui allège deux jours de cuisine.


Questions fréquentes

Tostones : posés à côté du pernil, un accompagnement caribéen qui absorbe la graisse de porc
Les questions courantes portent sur la pièce, la finition de la couenne, le temps de cuisson et la conservation

Je ne trouve pas d’épaule de porc à couenne. Cela vaut-il la peine ?

Oui. Sans couenne, on ne fait pas de cuerito, mais en glissant ail et origan dans les incisions et en rôtissant à basse température, on profite pleinement du parfum et de la tendreté de la viande. Pour se rapprocher de la texture authentique, demandez une épaule à couenne à votre boucher ou cuisez à part de la poitrine à couenne que vous servirez à côté.

Peut-on le faire avec de la poitrine plutôt qu’avec de l’échine ?

On le peut, mais il y a trop de gras. Le pernil est un plat où le maigre, le gras et le tissu conjonctif de l’épaule s’attendrissent par une longue cuisson. Avec de la poitrine seule, on obtient facilement la couenne, mais le repas devient très lourd. Je recommande d’utiliser la poitrine en complément pour la couenne et de garder l’épaule comme vedette.

Faut-il mariner une nuit ?

L’idéal, c’est une nuit. On peut le faire avec 4 heures au minimum, mais le parfum atteint mal le cœur d’une pièce épaisse. Si vous manquez de temps, faites plus d’incisions et enfoncez bien la pâte d’ail. En enduisant seulement la surface, le cœur reste celui d’un rôti de porc ordinaire.

La couenne ne croustille pas. Quelle en est la cause ?

La cause est surtout l’eau : de la marinade épaisse est restée sur la couenne, elle n’a pas séché au réfrigérateur, elle a touché l’aluminium et s’est mise en vapeur pendant la cuisson basse, ou la chaleur finale était insuffisante. Contrairement à la viande, la couenne réussit mieux si on la « sèche avant de la cuire » : épongez-la au papier avant d’enfourner.

Quelle température à cœur viser ?

Pour manger sans risque, une température plus basse suffirait, mais pour la texture effilochée du pernil, visez 90 à 93 °C à cœur. L’épaule voit son tissu conjonctif se défaire par une longue cuisson à basse température. Sans thermomètre, plantez une fourchette et tournez : les fibres doivent se séparer sans résistance.

Les enfants ou ceux qui n’aiment pas le piquant peuvent-ils en manger ?

C’est un plat facile à manger. Le parfum du pernil est celui de l’ail, de l’origan et des agrumes ; le piquant du piment n’en est pas la vedette. Ceux qui veulent plus de piquant peuvent ajouter à table un peu de sauce piquante ou de pique. Pour les enfants, réduisez le cumin de moitié et servez plus de salade et de riz blanc.


En résumé | Le jour où l’on rôtit une grosse pièce, la table du lendemain réussit aussi

Table avec du rôti de porc réparti sur un grand plat : cuire une quantité qui servira aussi le lendemain
Le pernil se savoure à la sortie du four, en sandwich le lendemain, ou en garniture d’arepa

Le pernil n’est pas une recette pratique que l’on fait vite. La veille, on écrase l’ail, on incise la viande, on la laisse reposer au réfrigérateur ; le jour même, on la rôtit pendant plusieurs heures. Mais la plus grande partie de ce temps est de l’attente. Le parfum d’ail et de graisse de porc qui s’échappe du four transforme lentement la cuisine en ambiance de fête.

La première fois, de l’échine sans couenne convient. Ce qu’il faut respecter : faire entrer le goût dans la viande, l’attendrir à basse température, puis parfumer la surface à la fin. Si vous trouvez de la viande à couenne, séchez la couenne et faites le cuerito grâce à la chaleur finale. Une fois que l’on y arrive, on se rapproche nettement du pernil de la cuisine familiale portoricaine.

À table, le mofongo, des haricots noirs, du riz blanc, des tostones, de l’avocat et des agrumes complètent l’ensemble. La viande restante se recycle le lendemain en sandwich ou en arepa. Le jour où l’on rôtit une grosse pièce, on en profite non seulement ce jour-là mais jusqu’au déjeuner suivant. Le pernil est un plat qui intègre cela dès le départ.


Sources