Laos

Mok pa : le poisson cuit à la vapeur en feuille de bananier du Laos

Le mok pa est un plat laotien de poisson aux herbes, enveloppé dans une feuille de bananier et cuit à la vapeur. Aneth, feuilles de combava et sauce de poisson : ingrédients, pliage et repères de cuisson à la maison, variations régionales, substituts au padaek et service avec le riz gluant.

Cette recette a été traduite de l’original japonais par l’équipe éditoriale de Sekai Gohan. Lire l’original (japonais)

  • Préparation40 min
  • Cuisson30 min
  • Total1 h 10 min
  • Portions4 personnes
  • NiveauIntermédiaire

Mok pa laotien ouvert dans sa feuille de bananier : poisson blanc enrobé d’herbes et riz gluant sur la table

Imaginez une table où se retrouvent les produits rapportés du marché de Luang Prabang jusqu’à la cuisine familiale : feuilles de bananier gorgées de vapeur, aneth et citronnelle hachés, chair blanche de poisson, riz gluant tout juste cuit. À l’ouverture de la feuille, un parfum d’herbe verte et une note presque d’agrume s’élèvent doucement. Voici le mok pa laotien (Mok Pa, ໝົກປາ). Du poisson enveloppé avec des herbes dans une feuille de bananier et cuit à la vapeur : la chair imprégnée du parfum de l’aneth et de la citronnelle se mange en la cueillant avec du riz gluant.

Le principe : mélanger le poisson aux herbes, à la sauce de poisson, au piment, au sel et à un liant de riz gluant, puis l’envelopper dans une feuille de bananier et le cuire à la vapeur. On ne fait pas mijoter le poisson, on le cuit à la vapeur en papillote : son eau et ses arômes restent dans la feuille. L’espèce de poisson, l’usage ou non du padaek, la place de l’œuf ou de la farine de riz gluant varient selon les familles et les régions. Pour une cuisine hors du Laos, nous partons d’un poisson blanc et de sauce de poisson, et expliquons où trouver feuilles de combava, galanga et feuilles de bananier surgelées, ainsi que leurs substituts. Mettre les herbes en vedette préserve le parfum végétal typiquement laotien. Mais certains substituts changent le parfum, et nous le disons franchement. Le résultat visé : le parfum de la feuille a imprégné le poisson, celui-ci est cuit à cœur, et son eau ne s’est pas trop répandue dans l’assiette.

Table laotienne avec mok pa ouvert, riz gluant et dip épicé à la tomate
On apporte le mok pa à table dans sa feuille, et chacun ouvre sa papillote

On ouvre la feuille, et les herbes montent avant le poisson

La feuille de bananier n’est pas un simple emballage. Selon les documents de la Naga Foundation, le mok consiste à assaisonner des produits issus de l’eau avec herbes, piment, sel et sauce de poisson, puis à les envelopper dans une feuille de bananier et à les cuire à la vapeur. Contrairement à des filets mijotés en sauce, le poisson est coupé en bouchées, mélangé aux aromates et cuit à la vapeur dans la feuille. Couper le poisson en bouchées régulières répartit bien les herbes et uniformise la cuisson.

À l’ouverture de la papillote cuite, les parfums montent par couches avec la vapeur qui s’échappe. D’abord l’odeur verte de la feuille elle-même. Puis le parfum herbacé de l’aneth et la note citronnée de la citronnelle. Au fond, l’umami fermenté de la sauce de poisson, discret. La feuille retient les arômes : pendant la cuisson, ils ne s’échappent pas et passent dans la chair.

Le mot mok ne désigne pas seulement des plats de poisson. Petits poissons, insectes aquatiques, têtards : divers produits trouvés au bord de l’eau sont enveloppés et cuits à la vapeur de la même manière. Le mok n’est pas une recette figée. Le mok pa en est un exemple au poisson, et garniture comme proportions changent selon les régions et les familles.

Dans notre version, on ne supprime pas l’aneth. Sur la base d’ingrédients de l’eau cuits à la vapeur dans une feuille, on garde bien présent le parfum herbacé de l’aneth. C’est notre fil conducteur pour apporter le caractère de la cuisine laotienne dans une cuisine domestique.

Le saviez-vous ?

Les documents de la Naga Foundation décrivent le mok comme une façon d’assaisonner des animaux aquatiques avec herbes, piment, sel et sauce de poisson, puis de les cuire à la vapeur dans une feuille. D’autres produits aquatiques que le poisson y sont cités : le mok pa de cet article en est la « version poisson ». Si vous rencontrez un autre mok en voyage ou dans un livre, repérez les points communs : envelopper, cuire à la vapeur, construire le goût avec des herbes.

Poisson, aneth, citronnelle et piment posés près de feuilles de bananier
Le choix du poisson et l’association des herbes varient selon les régions

Le mok, ou l’art de transmettre les produits de l’eau dans une feuille

Considérer le mok comme la spécialité d’un seul lieu touristique serait dommage. Le livre de cuisine de Doi Ka Noi contient un chapitre « Mok – Wrapped & Steamed », qui présente le mok pa nahm kong, du poisson cuit à la vapeur avec herbes et feuille de bananier. L’autrice a appris à cuisiner auprès de sa grand-mère dans une communauté rurale vivrière de la province de Khammouane, et a consigné ses recettes au fil de la vie familiale. Si le chapitre des papillotes vapeur est un pilier du livre, c’est sans doute que cette cuisson est ancrée dans la cuisine familiale comme un goût transmis par la grand-mère. Nous ne la présentons évidemment pas comme une preuve de l’origine du mok pa ni d’une naissance à Luang Prabang : voyez-y une image de la transmission de la cuisine familiale.

Le choix du poisson est large. Les documents citent poissons d’eau douce laotiens, poisson-chat et tilapia ; à la maison, un poisson blanc avec peu d’arêtes fait très bien l’affaire. Passer de l’eau douce au poisson blanc ne change pas le cœur du plat : la cuisson à la vapeur avec feuille et herbes.

Le condiment fermenté qui forme la base du goût varie aussi. Le padaek est un condiment de poisson fermenté ; certaines recettes le remplacent par de la sauce de poisson. Mais parfum et salinité ne sont pas les mêmes : l’écart entre padaek et sauce de poisson est plus grand qu’on ne le croit.

Les liants divergent encore davantage. Riz gluant torréfié puis grossièrement concassé, farine de riz gluant, œuf : chaque source a sa méthode. Notre version utilise à la fois du riz gluant concassé et de l’œuf. Le riz retient l’eau rendue par le poisson, l’œuf lie la garniture. Comme le riz gluant retient l’eau, la garniture coule moins dans l’assiette à l’ouverture de la papillote.

Famille laotienne partageant un mok pa à l’aneth et du riz gluant
Le mok pa se partage avec du riz gluant

À Luang Prabang, le riz gluant tient lieu de baguettes

Sur la table laotienne, on roule du bout des doigts une petite boule de riz gluant chaud et on s’en sert pour cueillir le poisson. Le repas commence en roulant le riz gluant du bout des doigts, et sans cuillère ni baguettes, poisson et herbes arrivent ensemble à la bouche.

La carte du Rosewood Luang Prabang en donne un exemple : un MOK PA au tilapia, poisson du Mékong de la ferme de Ban Phonexay, élaboré avec des produits de fermes locales. Il est assaisonné de citronnelle, aneth, ail et piment, et servi avec un dip épicé à la tomate. Le Rosewood décrit le repas laotien comme un repas partagé en famille : cette proximité, partager en famille au centre de la table, est l’arrière-plan de ce plat.

Un autre exemple marquant figure dans un programme de circuit à Luang Prabang (ICIS/Discova) : préparer les ingrédients au marché de Phosy avec une famille d’accueil, confectionner riz gluant et mok pa, les offrir au temple, puis les partager au déjeuner. De réunir les ingrédients au marché jusqu’à partager après l’offrande, les mêmes feuilles et herbes relient le rite et la table. Il s’agit toutefois d’un exemple tiré d’un seul programme de voyage, qu’on ne peut présenter comme une coutume de tout le Laos ou de toutes les familles. Pour ne pas confondre cuisine familiale et rite, imaginez l’offrande au temple et le repas familial autour du poisson vapeur comme deux scènes distinctes de la vie quotidienne.

Précisons que les sources utilisées ici ne permettent pas d’établir l’origine du mok ni la façon dont cette technique s’est transmise et diffusée. Quant aux différences régionales, nous regardons surtout l’exemple de Luang Prabang, dans le nord ; nous n’avons pas pu vérifier les proportions des familles du sud. Lisez ces lignes comme une table décrite dans les limites des sources, sans conclusion sur l’origine ni sur les variantes régionales.


Ingrédients pour 4 personnes

Les ingrédients se partagent entre ceux qui font le parfum du poisson et ceux qui servent à l’envelopper. La base : 600 g de poisson blanc répartis en 4 papillotes. Les piliers aromatiques sont l’aneth, la citronnelle et la feuille de combava ; sauce de poisson et piment règlent sel et piquant. Avec du padaek, on remplace une partie de la sauce de poisson, mais la sauce seule suffit. Aux courses, retenez trois choses : 600 g de poisson blanc, 1 tasse d’aneth, 8 feuilles de bananier. Quantités et substitutions sont dans le tableau.

Ingrédients du mok pa : poisson blanc, citronnelle, galanga, aneth, feuilles de combava, sauce de poisson, feuilles de bananier
Réunir d’abord herbes et feuilles de bananier pour ne pas s’interrompre au moment d’envelopper

Poisson et aromates

Ingrédient Quantité Substitutions et remarques
Poisson blanc (sans peau ni arêtes) 600 g Cubes de 3 cm. Tilapia, poisson-chat, cabillaud ou autre poisson maigre. Bien éponger
Citronnelle 2 tiges Partie tendre du pied, émincée à 2 mm. Surgelée : décongeler et éponger
Galanga 3 fines tranches (environ 10 g) Ou 10 g de gingembre ; parfum plus doux
Échalotes 4 Pelées et coupées en deux. Ou 1/2 petit oignon
Ail 4 gousses Grossièrement haché
Piment rouge 3 Avec les graines, plus piquant. Pour adoucir, 1 seul
Sel 1 c. à café Le sel de départ pour écraser les aromates. Ne pas compenser plus tard avec la sauce de poisson
Sauce de poisson 2 c. à soupe Ou 1 c. à soupe de padaek + 1 c. à soupe de sauce de poisson, au parfum plus fort
Riz gluant (cru) 2 c. à soupe (environ 25 g) Torréfié à sec puis concassé. Avec de la farine de riz gluant, environ 1 c. à soupe
Œuf 1 Battu. Sans œuf, la garniture rend plus d’eau : ne pas faire de papillotes épaisses
Aneth 1 tasse (environ 30 g) Sans les tiges dures, grossièrement haché. Parfum central : ne pas l’omettre
Ciboule 4 tiges Tronçons de 3 cm
Feuilles de combava 3 Sans la nervure centrale, en très fines lanières. Surgelées : décongeler et éponger
Basilic thaï Une poignée (facultatif) Ajout selon les régions et les familles. Sinon, l’omettre

Enveloppe et accompagnements

Ingrédient Quantité Substitutions et remarques
Feuilles de bananier 8 carrés de 25 cm 2 par papillote. Les surgelées se déchirent : les assouplir à l’eau chaude, doubler de papier cuisson si besoin
Riz gluant 300 g Tremper 6 à 12 heures, cuire à la vapeur à part. En faire des boulettes pour cueillir le poisson
Tomates 2 moyennes (environ 300 g) Pour le dip épicé à la tomate. Accompagnement inspiré du service sur place, à ne pas mêler à la papillote
Ail 1 gousse Pour le dip à la tomate
Piment rouge 1 Pour le dip à la tomate. Doser le piquant
Jus de citron vert 1 c. à soupe Du citron jaune convient, parfum différent
Sauce de poisson 1 c. à café Pour le dip. En cas d’allergie au poisson, changer aussi l’accompagnement
Piques en bambou ou en bois 4–8 Pour fermer le haut des feuilles. Pas d’agrafes métalliques
Attention

La sauce de poisson et le padaek contiennent du poisson : ils ne conviennent pas aux personnes allergiques. Le plat contient aussi de l’œuf : vérifiez les étiquettes. Conservez le poisson cru au réfrigérateur et séparez planche, couteau et mains des aliments consommés crus. Ne goûtez pas la pâte aromatique, ni avant ni après l’ajout du poisson cru. L’eau chaude pour assouplir les feuilles, le couvercle du cuit-vapeur et la vapeur à l’ouverture des papillotes peuvent brûler : tenez visage et mains à distance. Pour la cuisson, référez-vous aux repères de FoodSafety.gov : le cœur du poisson doit atteindre 63 °C, ou la chair doit être opaque et se détacher à la fourchette.

La feuille de combava ne se remplace pas vraiment par du zeste de citron vert : son parfum est difficile à imiter. Plutôt que de courir les magasins pour quelques feuilles, il est plus simple d’en commander surgelées. Vérifiez si elles sont surgelées, la quantité, la forme et le mode de conservation ; regarder la quantité permet de savoir si vous les utiliserez entièrement. En revanche, aneth frais, citronnelle, poisson blanc et cuit-vapeur ordinaire se trouvent facilement près de chez soi : les ingrédients courants s’achètent dans le quartier, c’est plus simple.

La pâte aromatique se fait traditionnellement au couteau et au mortier. Le robot n’est pas indispensable : si la quantité se hache à la main, on s’en passe. Avec un appareil, procédez par impulsions courtes plutôt qu’en continu, pour garder une pâte grossière : trop mixée, la citronnelle perd ses fibres et l’ensemble devient aqueux. Si vous en achetez un, regardez la contenance, la lame et la facilité de nettoyage. Pour une seule fois, ou si vous hachez facilement à la main, vous pouvez vous en passer.

Préparation

L’organisation repose sur deux points : faire tremper le riz gluant la veille, et cuire les papillotes de poisson juste avant de manger. On procède en cinq étapes : écraser les aromates, les mêler au poisson, assouplir les feuilles, envelopper, cuire à la vapeur. Chacune indique le temps, le feu, la découpe et les repères de couleur, de consistance et de toucher. Une pâte aromatique grossière, des feuilles aux nervures croisées au moment d’envelopper, et la vérification finale des 63 °C à cœur : gardez ces trois points en tête et tout s’enchaîne. Ne laissez jamais le poisson cru à température ambiante. Après l’avoir mélangé, mettez-le au réfrigérateur et faites bouillir l’eau du cuit-vapeur à l’avance.

  1. Tremper et cuire le riz gluant à la vapeur

    trempage 6–12 h + vapeur 25–30 min

    Rincez 3 fois les 300 g de riz gluant et faites-les tremper 6 à 12 heures dans de l’eau froide. Si vous êtes pressé, on peut aussi le tremper 1 heure dans de l’eau tiède. Garnissez le cuit-vapeur d’une étamine humide, étalez le riz égoutté et faites cuire 25 à 30 minutes à feu moyen, une fois la vapeur bien établie. C’est cuit quand les grains n’ont plus de cœur dur et collent quand on les écrase entre les doigts. Transférez-le dans un récipient couvert pour qu’il ne sèche pas, et gardez-le au chaud jusqu’à la confection des papillotes. Utilisez des ustensiles distincts de ceux du poisson cru et évitez que le jus du poisson ne tombe dans le riz.

    Riz gluant laotien cuit à la vapeur transféré dans un panier en bambou
    Cuire d’abord le riz gluant qui servira à cueillir le poisson, et le garder au chaud
  2. Faire une pâte aromatique grossière

    5 min

    Dans le mortier, écrasez dans l’ordre citronnelle, galanga, échalotes, ail, piment et sel. Mettre le sel au début est essentiel : ses grains aident à défaire les fibres. Pilez environ 5 minutes et arrêtez-vous à une pâte grossière où l’on voit encore les fibres de citronnelle. Pas de purée aqueuse. Au robot, quelques impulsions de 1 à 2 secondes, en raclant les parois, pour garder des morceaux. Ôtez la nervure centrale des feuilles de combava et taillez-les en très fines lanières ; ne les écrasez pas ici, ajoutez-les telles quelles au poisson à l’étape suivante. Même si la pâte est trop sèche pour bien tourner, n’ajoutez pas d’eau : la sauce de poisson vient à l’étape suivante.

    Astuce

    Trop lisse, la pâte perd la texture fibreuse de la citronnelle. Mêlée à l’eau rendue par le poisson, elle forme un tout et l’intérieur de la papillote devient trop mou. Arrêtez quand aucune eau ne stagne au fond du mortier et qu’une pincée forme un hachis humide qui se tient. Même avec un appareil, vérifiez la texture à l’œil avant de l’ajouter au poisson.

    Citronnelle, galanga, ail et piment grossièrement écrasés au mortier
    Ne pas lisser les aromates : garder une texture où restent les fibres de citronnelle
  3. Mélanger poisson et herbes, puis réfrigérer

    10 min + 10 min de repos

    Coupez les 600 g de poisson blanc en cubes de 3 cm, épongez soigneusement la surface et mettez-les dans un saladier. Ajoutez la pâte aromatique, 2 c. à soupe de sauce de poisson, 2 c. à soupe de riz gluant torréfié et concassé et 1 œuf battu, puis mélangez en soulevant depuis le fond, sans abîmer les angles du poisson. Ajoutez en dernier l’aneth, la ciboule, les lanières de combava et, si vous en mettez, le basilic thaï, en mélangeant à peine pour ne pas trop flétrir les feuilles.

    On vise une garniture qui ne laisse pas couler de liquide au fond quand on la prélève, avec une fine pellicule sur le poisson. Si de l’eau s’accumule, épongez de nouveau le poisson et réfrigérez avant de continuer. Couvrez de film et laissez 10 minutes au réfrigérateur pour que les arômes se fondent. Ne goûtez pas le poisson cru. La salinité varie selon la marque de sauce de poisson : ajustez-la dans les accompagnements avant de servir.

    Poisson blanc mélangé avec pâte aromatique, aneth, ciboule et feuilles de combava
    Mélanger herbes et liant en gardant les angles du poisson
  4. Assouplir les feuilles et envelopper

    10 min

    Lavez les carrés de feuille de bananier de 25 cm, essuyez-les, puis passez-les 10 à 15 secondes dans l’eau bouillante ou exposez-les à la vapeur. Elles sont prêtes quand leur couleur fonce, qu’elles brillent et se plient souplement. Superposez 2 feuilles en croisant les nervures, l’une horizontale, l’autre verticale, et posez au centre 1/4 de la garniture (environ 200 g). Rabattez le bord inférieur vers le haut, repliez les côtés vers l’intérieur, superposez le bord supérieur pour former un rectangle, et fermez le haut avec une pique en bambou ou en bois.

    Si les feuilles surgelées se fendent, gardez les 2 épaisseurs et tournez la face déchirée vers l’extérieur. Au besoin, renforcez le fond avec une bande de feuille. Faites des papillotes d’épaisseur régulière et posez-les dans le cuit-vapeur, fermeture vers le haut. Pas d’interstice par où le jus fuirait, mais sans écraser le poisson.

    Astuce

    Si une ligne blanche apparaît et que la feuille menace de se fendre quand on la plie, repassez-la quelques secondes à l’eau bouillante ou à la vapeur. Posez la garniture avant que la surface ne sèche ; avec des nervures croisées, une déchirure dans un sens traverse difficilement la papillote. Si une papillote est trop grosse, partagez la garniture en deux. Évitez d’augmenter l’épaisseur et le temps de cuisson.

    Deux feuilles de bananier superposées en croisant les nervures, enveloppant la garniture de poisson
    Croiser les nervures et répartir la garniture en 4 papillotes
  5. Cuire à la vapeur jusqu’à cœur

    30 min

    Portez d’abord l’eau du cuit-vapeur à ébullition, puis baissez à feu moyen pour un frémissement régulier. Disposez les papillotes en laissant des passages pour la vapeur, couvrez et cuisez 30 minutes. Le temps varie toutefois selon que les feuilles sont surgelées ou fraîches, l’épaisseur des papillotes et la taille du poisson : ne prenez pas le temps comme seul critère. Regardez si la feuille est passée du vert vif à une teinte plus sombre, si la papillote est ferme sous la pression, et si le cœur du poisson est opaque.

    Piquez un thermomètre au centre de la papillote la plus épaisse et vérifiez au moins 63 °C. Sans thermomètre, vérifiez que la chair se détache à la fourchette. Si elle n’est pas opaque, ajoutez 3 à 5 minutes. Coupez le feu, attendez 3 minutes et ouvrez le couvercle en tenant le visage à distance. Servez chaud avec riz gluant, dip épicé à la tomate et légumes vapeur.

    Reconnaître la cuisson

    Regardez ensemble la couleur de la feuille, l’aspect du poisson et la température. La couleur de la feuille n’est qu’un indice ; la garantie de sécurité, c’est un cœur à 63 °C, ou une chair opaque qui s’effeuille. Si le centre est translucide, remettez la papillote fermée dans le cuit-vapeur et vérifiez toutes les 3 à 5 minutes. Si l’extérieur a pris mais que le centre est cru, l’épaisseur n’était sans doute pas régulière.

    Papillotes de poisson en feuille de bananier dans le cuit-vapeur
    Laisser circuler la vapeur entre les papillotes et cuire le poisson à cœur

Juger la cuisson et varier à table

Une chair opaque à l’ouverture de la feuille, le parfum d’aneth et de citronnelle qui monte, et pas de grande flaque d’eau au fond : c’est prêt. On commence par façonner une bouchée de riz gluant, on cueille le poisson avec une petite boulette, et on relève de piquant avec le dip à la tomate : on se rapproche du service laotien. C’est un plat à manger chaud. S’il en reste, laissez tiédir et mettez au réfrigérateur dans les 2 heures ; réchauffez bien à cœur. La congélation altère la texture : limitez-la à une courte durée.

Mok pa cuit sorti de sa feuille, vérification du cœur du poisson et des herbes
Ouvrir la feuille pour vérifier la cuisson et l’humidité du poisson

Quand la garniture est trop aqueuse

État Cause principale Solution
Du liquide au fond du saladier avant même d’envelopper Poisson humide, pâte trop lisse, eau restant sur les feuilles décongelées Garniture crue : éponger le poisson, ajouter 1 c. à café de farine de riz gluant et réfrigérer 10 minutes. Après cuisson, ne pas ajouter de farine : manger avec le dip à la tomate et du riz gluant égoutté
La feuille ne ferme pas, le jus fuit Feuille rigide, une seule épaisseur, garniture trop épaisse Avant cuisson, assouplir la feuille à l’eau chaude et superposer 2 feuilles aux nervures croisées. Faire des portions plus petites qu’un quart, fermeture vers le haut
Cœur encore translucide Papillote épaisse, vapeur faible, sortie après 30 minutes seulement Refermer, remettre au cuit-vapeur et ajouter 3 à 5 minutes à la fois, jusqu’à 63 °C à cœur ou une chair opaque qui s’effeuille
Poisson dur et sec Morceaux trop petits, cuisson trop longue, vapeur faible Le poisson sorti ne se rattrape pas : la prochaine fois, garder les cubes de 3 cm et faire bien bouillir l’eau. Cette fois, compenser avec riz gluant et dip

Changer de poisson ou d’herbes

Tilapia ou poisson-chat tirent vers le goût d’eau douce ; cabillaud ou bar vers un poisson blanc plus courant. Remplacer le galanga par du gingembre atténue son parfum vif et minéral. Compléter la feuille de combava par du zeste de citron vert change les couches aromatiques. Dans les deux cas, choisissez en connaissance de cause.

Le padaek a un parfum fermenté plus fort que la sauce de poisson. Avec la sauce de poisson seule, ne forcez pas sur le sel. Le mok pa va dans une autre direction que les plats de poisson cambodgiens au lait de coco : c’est un plat vapeur qui met en avant aneth, sauce de poisson et parfum de poisson d’eau douce. Pour comparer avec les voisins, servez à côté l’amok cambodgien (en japonais) ou le laap laotien (en japonais), où l’on goûte herbes fraîches et sauce de poisson. L’aneth qu’on garde même en substituant, le parfum fermenté du padaek, un poisson vapeur sans coco : ces trois traits dessinent le mok pa.

Questions fréquentes

Que faire sans feuilles de bananier ?

On peut envelopper dans du papier cuisson ou de l’aluminium et cuire à la vapeur, mais le parfum et l’aspect de la feuille de bananier disparaissent. Doublez le papier, fermeture vers le haut, pour retenir la vapeur. Avec de l’aluminium, ne mettez pas d’accompagnement très acide directement dans la papillote.

Peut-on envelopper le filet entier ?

En cubes de 3 cm, les herbes touchent tout le poisson et l’épaisseur des papillotes s’uniformise. Un filet entier cuit plus lentement à cœur. Certaines sources utilisent du poisson avec arêtes, mais à la maison nous conseillons des filets avec peu d’arêtes. Vérifiez qu’il ne reste pas d’arêtes avant de manger.

Le padaek est-il indispensable ?

Le padaek est un condiment de poisson fermenté. Si vous en trouvez, utilisez-en 1 c. à soupe à la place d’une partie de la sauce de poisson. On peut faire sans, mais son parfum fermenté particulier ne sera pas reproduit. La salinité de la sauce de poisson varie selon les marques : soyez prudent avec le sel supplémentaire.

Peut-on le préparer à l’avance ?

Ne laissez pas longtemps les papillotes cuites à température ambiante ; une fois tièdes, fermez-les hermétiquement, réfrigérez et réchauffez à cœur, au plus tard le lendemain. La congélation est possible, mais la texture de la feuille et du poisson en souffre. Notre conseil : plutôt que de congeler la garniture crue, congelez brièvement les papillotes cuites. Si une odeur anormale ou une viscosité apparaît, ne tentez pas de rattraper par la cuisson : jetez.

Pour continuer avec la cuisine laotienne

Pour goûter l’alliance sauce de poisson et herbes sous une forme sans cuisson vapeur, voyez le laap laotien (en japonais). Herbes et condiments fermentés devenant bouillon de nouilles : comparez avec le khao poon laotien (en japonais). Et pour un poisson vapeur en feuille où coco et œuf sont les vedettes, voici le voisin cambodgien, l’amok (en japonais).

Sources