Mohinga : la soupe de nouilles au poisson du Myanmar
Recette du mohinga, le petit-déjeuner emblématique du Myanmar : bouillon de poisson-chat parfumé à la citronnelle et au curcuma, épaissi à la farine de pois chiche et servi sur des nouilles de riz. Liaison, tronc de bananier et substituts, garnitures, variantes régionales et conservation.
Cette recette a été traduite de l’original japonais par l’équipe éditoriale de Sekai Gohan. Lire l’original (japonais)
Préparation30 min
Cuisson1 h
Total1 h 30 min
Portions4 personnes
NiveauIntermédiaire
Au Myanmar, la journée commence par ce bol
Cinq heures du matin à Yangon. Dans les ruelles encore sombres, les lampes des échoppes s’allument. La vapeur monte des grandes marmites, et l’odeur d’un bouillon doré flotte dans la rue. Employés en route pour le bureau, moines partant pour la quête, enfants pressés d’aller à l’école : tous font la queue pour le même bol. C’est le mohinga (Mohinga / မုန့်ဟင်းခါး).
Le mohinga, ce sont de fines nouilles de riz dans un bouillon de poisson-chat corsé, relevé de citronnelle et de curcuma. Le bouillon est épaissi à la farine de pois chiche (besan). En garniture : beignets de légumineuses (pe kyaw), œufs durs, coriandre, citron vert. Au Myanmar, on le considère volontiers comme le plat national. C’est le petit-déjeuner classique, mais on le mange aussi le midi ou le soir.
Dans les villes du Myanmar, on trouve des échoppes de mohinga presque à chaque coin de rue. Bon marché, nourrissant, servi en un instant : c’est le plat du quotidien de tout un chacun, et un élément de l’identité du pays.
Qu’est-ce que le mohinga ?
Le nom birman s’écrit မုန့်ဟင်းခါး. On l’explique souvent par mont, qui désigne des préparations à base de riz dont les nouilles, et hinga, un bouillon ou une soupe. La base est un bouillon de poisson-chat (ou d’un autre poisson d’eau douce de la même famille), assaisonné de citronnelle, de curcuma et de sauce de poisson, épaissi à la farine de pois chiche et servi avec des nouilles de riz. On en mange dans tout le pays, avec un bouillon plus ou moins épais et des garnitures qui changent selon les régions.
Ingrédients (pour 4 personnes)
Bouillon
Ingrédient
Quantité
Substituts et remarques
Poisson-chat (en morceaux)
400 g
Le poisson-chat est le plus authentique. À défaut, daurade ou bar
Eau
1.5 l
Pour pocher le poisson ; elle devient ensuite la base du bouillon
Citronnelle
3 tiges (écrasées et nouées)
Séchée : 2 c. à soupe
Curcuma en poudre
2 c. à café
Essentiel pour la couleur et le goût
Nuoc-mâm (sauce de poisson)
3 c. à soupe
Au Myanmar, on utilise la sauce de poisson locale
Oignons
2 (hachés finement)
—
Ail
6 gousses (hachées finement)
—
Gingembre
3 cm (râpé)
—
Farine de pois chiche (besan)
4 c. à soupe
Pour lier le bouillon. Pas de substitut
Farine de riz
2 c. à soupe
Liaison supplémentaire, facultative
Tronc de bananier
150 g (en fines tranches)
Facultatif s’il est introuvable. Apporte du croquant
Paprika en poudre
1 c. à café
Pour soutenir la couleur
Huile végétale
3 c. à soupe
—
Sel
1 c. à café
À ajuster en goûtant
Où trouver la farine de pois chiche (besan)
La farine de pois chiche, qui donne au mohinga sa liaison caractéristique, se trouve dans les épiceries indiennes ou orientales et en ligne. C’est aussi la farine des pakoras indiens : cherchez « besan » ou « gram flour ». La fécule ou la farine de blé ne la remplacent pas, car son goût de noisette grillée est au cœur du mohinga.
Nouilles
Ingrédient
Quantité
Substituts et remarques
Nouilles de riz (vermicelles fins)
400 g
Au Myanmar, on utilise des nouilles de riz rondes (mont di)
Garnitures
Ingrédient
Quantité
Remarques
Œufs durs
4
Coupés en deux
Tofu frit
4 morceaux
En bouchées
Coriandre
Selon le goût
Hachée
Citrons verts
2
En quartiers
Piment en flocons
Selon le goût
À volonté
Chips d’ail frit
Selon le goût
Pour le croustillant
Les ingrédients du mohinga. Le poisson-chat et la citronnelle portent le goût
Le tronc de bananier
Le tronc de bananier est une garniture traditionnelle du mohinga : il apporte au bouillon du croquant et une légère douceur. Il est très difficile à trouver hors des épiceries spécialisées ; de fines tranches de racine de lotus donnent une texture proche. Ajoutées au bouillon après les avoir fait tremper pour retirer l’amertume, elles restent croquantes comme le tronc de bananier. Le goût diffère, mais la texture est là.
Préparation
Le bouillon du mohinga repose sur deux couches : un bouillon de poisson et une liaison à la farine de pois chiche. On prépare d’abord le bouillon de poisson, puis on l’épaissit.
Pocher le poisson
15 min
Dans une marmite, mettez 1.5 l d’eau, la citronnelle et 1 c. à café de curcuma, et portez à feu vif. À ébullition, ajoutez le poisson-chat et laissez frémir 15 minutes à feu doux. Gardez un léger frémissement : le poisson est cuit quand le centre devient blanc et que la chair commence à se détacher. Ne jetez pas l’eau de cuisson, c’est votre bouillon.
On poche le poisson-chat entier avec la citronnelle ; cette eau sera la base de la soupe
Effeuiller le poisson
3 min
Retirez le poisson cuit à cœur et, pendant les 3 minutes environ où il tiédit, ôtez arêtes et peau puis effeuillez la chair. Gardez le bouillon chaud, juste fumant. Effeuillée finement, la chair se fond mieux dans la soupe ; si vous laissez de plus gros morceaux, vérifiez du bout des doigts qu’il ne reste aucune arête.
Retirez arêtes et peau et effeuillez finement la chair pour la remettre dans la soupe
Faire revenir les aromates
5–6 min + 1 min
Dans une autre marmite, chauffez l’huile et faites revenir oignons, ail et gingembre 5 à 6 minutes à feu moyen. Quand les oignons sont blonds et l’ensemble fondu, ajoutez le reste du curcuma et le paprika, et faites revenir 1 minute. Les épices deviennent amères si elles brûlent : dès qu’elles embaument, passez au bouillon.
Faites revenir les aromates à feu moyen, puis les épices 1 minute seulement
Lier le bouillon
20 min
Ajoutez le bouillon de cuisson, la chair effeuillée et le nuoc-mâm. Délayez la farine de pois chiche dans un peu d’eau, versez-la en filet et laissez mijoter 20 minutes à feu doux en remuant sans cesse à la cuillère en bois. C’est réussi quand le bouillon nappe légèrement la cuillère, que le goût de farine crue a disparu et qu’il a pris une légère consistance.
Délayez la farine de pois chiche dans l’eau, versez en filet et remuez sans arrêt
Verser sur les nouilles et garnir
5 min
À feu doux, rectifiez le sel, ajoutez le tronc de bananier ou la racine de lotus et laissez cuire 5 minutes. Arrêtez quand le lotus est translucide mais garde un peu de croquant sous la dent. Dans les bols, disposez les nouilles de riz cuites à part et rincées à l’eau, versez le bouillon brûlant, et garnissez d’œufs durs et de coriandre.
Chacun compose ses garnitures. Et le citron vert, on le presse toujours
Histoire : comment le mohinga est devenu un plat national
On ne connaît pas avec certitude l’origine du mohinga, mais il existe quelques pistes.
Une hypothèse souvent avancée rattache son ancêtre à la cuisine des Môns, peuple établi dans le sud du Myanmar, qui vivait de la riziculture et de la pêche en eau douce. L’association de nouilles de riz et de bouillon de poisson serait née naturellement de cette culture culinaire, avant d’être adoptée et transformée par les Bamars pour prendre sa forme actuelle. C’est une hypothèse, pas un fait établi.
Mohinga servi dans une gargote de Yangon. Son aspect et son goût changent un peu selon les régions
Sous la domination britannique, à l’époque où les cuisines indienne et britannique s’installaient dans le pays, le mohinga est resté un plat que les Birmans considéraient comme le leur.
Aujourd’hui, le mohinga est largement présenté comme le plat national du Myanmar, y compris dans la promotion touristique.
La géographie explique aussi cette place. Le Myanmar est parcouru par un vaste réseau fluvial centré sur l’Irrawaddy. Les poissons d’eau douce y abondent, et le poisson-chat est l’un des plus abordables. Le pays produit aussi beaucoup de riz, matière première des nouilles. Autrement dit, les ingrédients principaux du mohinga sont ceux que le territoire offre naturellement.
Les variantes régionales du mohinga
Le Myanmar est un pays multiethnique (l’État reconnaît officiellement 135 groupes ethniques), et le mohinga varie selon les régions. On décrit souvent celui de Yangon (Basse-Birmanie) comme plus épais et plus lié que celui du nord, autour de Mandalay, au bouillon plus léger. D’autres régions ont leurs propres versions et leurs propres plats de nouilles au poisson. Il n’existe pas un « vrai » mohinga : chaque région a le sien.
Les gestes clés : six techniques pour un mohinga réussi
Le mohinga terminé. La couleur et la consistance du bouillon font toute la différence
1. Utiliser le poisson en deux temps
On poche d’abord le poisson-chat (ou son substitut) entier pour obtenir le bouillon, puis on effeuille la chair qu’on remet dans la soupe. Cette méthode en deux temps donne le bouillon le plus profond. Si l’on fait revenir la chair dès le départ, le bouillon manque de goût. Le bouillon de crevettes du laksa (en japonais) utilise lui aussi carapaces et chair séparément, selon le même principe.
2. Ne jamais brûler la farine de pois chiche
La farine de pois chiche assure à la fois la liaison et le goût grillé du bouillon, mais elle devient amère si elle brûle. Délayez-la dans l’eau avant de l’ajouter et remuez sans cesse à feu doux. Versée d’un coup, elle fait des grumeaux : ajoutez-la petit à petit.
3. Écraser la citronnelle
Écrasez la citronnelle du plat du couteau avant de la mettre dans la marmite : les fibres se brisent et libèrent mieux leurs arômes. On peut la hacher, mais la texture est désagréable et il faut ensuite la retirer. Nouée, elle se retire facilement. Le nasi lemak utilise lui aussi de la citronnelle écrasée.
4. Des garnitures, plutôt trop que pas assez
La moitié du charme du mohinga tient aux garnitures : œufs durs, tofu frit, coriandre, citron vert, piment en flocons, ail frit. Les échoppes du Myanmar en proposent six à huit. À la maison, prévoyez-en au moins quatre.
5. Un trait de sauce de poisson à la fin
À la birmane, on ne met pas la sauce de poisson seulement dans le bouillon : on en ajoute aussi quelques gouttes juste avant de manger. Cuite ou crue, elle n’a pas le même parfum, et ce dernier trait donne de la profondeur. Comme le nuoc-mâm vietnamien du banh mi, la sauce de poisson s’utilise « en deux fois ».
6. Des chips d’ail maison
L’ail frit du commerce fait l’affaire, mais le maison est bien plus parfumé. Émincez finement l’ail et faites-le frire lentement dans une huile peu chaude. Dès qu’il est blond, sortez-le et égouttez-le sur du papier absorbant : il devient croustillant en refroidissant. L’huile restante, devenue huile à l’ail, est délicieuse en filet sur la soupe.
Les variantes du mohinga à travers le Myanmar
Le mohinga se mange dans tout le Myanmar, mais il change beaucoup d’une région à l’autre.
Selon la région et l’échoppe, les garnitures changent du tout au tout : c’est la diversité du mohinga
Le mohinga de Yangon
C’est le style présenté dans cet article : un bouillon riche et bien lié, avec beaucoup de farine de pois chiche et un grand choix de garnitures frites. Yangon étant la plus grande ville, son style est souvent pris comme « standard ».
Le mohinga de Mandalay
À Mandalay, en Haute-Birmanie, le bouillon est souvent décrit comme plus léger : moins de farine de pois chiche, un bouillon de poisson plus direct, un goût plus fin.
Les autres régions
Dans l’État de Rakhine, à l’ouest, comme dans l’État Shan, à l’est, ou dans le delta de l’Irrawaddy, on rencontre d’autres soupes de nouilles au poisson et d’autres façons de faire : plus pimentées, avec des poissons différents, ou avec des plats de nouilles qui ne sont pas du mohinga à proprement parler. Nous n’avons pas pu vérifier de recette type pour chacune ; considérez ces différences comme des tendances, pas comme des règles.
Style
Région
Bouillon
Piquant
Yangon
Basse-Birmanie
Riche, très lié
Moyen
Mandalay
Haute-Birmanie
Plus léger, centré sur le bouillon
Discret
Le mohinga dans la culture : ce que contient un bol
Au Myanmar, le mohinga est plus qu’un aliment : il porte plusieurs couches de sens social et culturel.
Le mohinga du petit-déjeuner. Au Myanmar, petit-déjeuner rime souvent avec mohinga. À Yangon en particulier, beaucoup en mangent un bol à une échoppe avant le travail. Les échoppes ouvrent tôt le matin : de petites tables et chaises en plastique alignées sur le trottoir. On mange sur place ou l’on emporte sa soupe dans un sachet plastique.
Le mohinga des grandes occasions. Lors des rassemblements, mariages, funérailles ou fêtes, le mohinga est souvent servi : on en prépare de grandes marmites pour tous les invités. Comme le jollof rice (en japonais) en Afrique de l’Ouest, il accompagne volontiers les réunions.
Le mohinga de la diaspora. Là où vivent des communautés birmanes à l’étranger, on trouve souvent un restaurant ou un stand qui sert du mohinga.
L’économie des échoppes. À Yangon, les échoppes de mohinga sont de petites affaires individuelles. On commence la préparation avant l’aube et l’on ferme souvent en fin de matinée, une fois tout vendu. Les marges sont faibles, mais l’investissement de départ est modeste : il suffit de savoir-faire pour se lancer.
Comment l’appeler
En anglais, on parle souvent de « Burmese fish noodle soup », mais les habitants disent simplement « mohinga ». Le nom « Birmanie » est un sujet politiquement sensible ; on emploie généralement le nom actuel du pays, « Myanmar ». Le nom birman du plat, « mohinga », est devenu son nom partout dans le monde.
Où trouver les ingrédients
La plupart des ingrédients du mohinga se trouvent facilement. Les plus difficiles sont le poisson-chat et le tronc de bananier, mais les substituts donnent un très bon résultat.
Où acheter les principaux ingrédients
Ingrédient
Où le trouver
Poisson-chat (surgelé)
Épiceries asiatiques, vente en ligne
Citronnelle
Supermarchés, épiceries asiatiques
Farine de pois chiche (besan)
Épiceries indiennes ou orientales, vente en ligne
Sauce de poisson
Supermarchés
Nouilles de riz
Supermarchés, épiceries asiatiques
Curcuma en poudre
Supermarchés
Si vous ne trouvez pas de poisson-chat
Le meilleur substitut est une tête et des parures de daurade : un poisson blanc maigre qui donne un bon bouillon. Le bar ou le cabillaud conviennent aussi. Les poissons gras comme le maquereau ou la sardine ne s’y prêtent pas. Certaines épiceries asiatiques vendent du poisson-chat surgelé, parfois frais.
Substitutions
Ingrédient
Substitut
Différence de résultat
Poisson-chat
Parures de daurade, bar
Bouillon moins intense, mais très bon
Tronc de bananier
Racine de lotus (en fines tranches)
Texture proche, goût différent
Nouilles de riz (mont di)
Vermicelles de riz, somen
Les vermicelles de riz sont les plus proches. Les somen ne sont pas au riz, mais la texture fonctionne
Pe kyaw (beignets de légumineuses)
Galettes de poisson frites
Assez éloigné, mais la texture s’accorde
Questions fréquentes
Réponses aux questions fréquentes sur le mohinga
Q1. Le mohinga est-il piquant ?
Le mohinga de base n’est pas piquant : le bouillon de poisson et le parfum de citronnelle dominent. Chacun ajoute du piment en flocons selon son goût. C’est un goût doux que les enfants apprécient aussi, bien moins épicé que le laksa (en japonais).
Q2. Peut-on en manger à un autre moment que le matin ?
Bien sûr. Au Myanmar, c’est le petit-déjeuner type, mais on en mange aussi le midi et le soir. Les échoppes sont surtout actives le matin, tandis que les gargotes en servent toute la journée. À la maison, l’heure n’a aucune importance.
Q3. Peut-on préparer le bouillon la veille ?
C’est même recommandé. Le bouillon est plus harmonieux le lendemain. Il se conserve 3 jours au réfrigérateur et 2 semaines au congélateur. Faites cuire les nouilles de riz juste avant de servir. Le plus pratique est de préparer une grande quantité de bouillon et de le congeler.
Q4. Où manger du mohinga hors du Myanmar ?
Dans les villes où vit une communauté birmane, cherchez un restaurant birman : la plupart en proposent.
Q5. Quelle différence avec le khao soi ?
Ce sont deux soupes de nouilles asiatiques avec un bouillon de poisson ou de viande, mais des plats bien distincts. Le mohinga repose sur un bouillon de poisson-chat lié à la farine de pois chiche, le khao soi sur une soupe de curry à la noix de coco. Leurs saveurs vont dans des directions différentes. Le khao soi est un plat de Chiang Mai et de la culture du nord de la Thaïlande, tandis que la som tam (en japonais) vient du nord-est (Isan).
Q6. Comment l’adapter pour les enfants ?
Réduisez de moitié la sauce de poisson et supprimez le piment en flocons. Un peu plus de farine de pois chiche rend le bouillon plus épais, ce que les enfants apprécient. Avec des œufs durs et des somen, on obtient une soupe de nouilles douce et familière.
Sources
Nous nous sommes appuyés principalement sur des sources en anglais :
Mohinga - Wikipedia (English) — panorama de l’histoire, des variantes régionales et de la place culturelle du mohinga
Thanegi, Ma (2004). An Introduction to Myanmar Cuisine. Myanmar Book Centre. — présentation d’ensemble de la cuisine birmane
À lire aussi : nouilles et petits-déjeuners d’Asie du Sud-Est
D’autres nouilles d’Asie du Sud-Est : le laksa (en japonais), nouilles épicées de Malaisie à base de lait de coco, à l’opposé du bouillon de poisson du mohinga. Le pad thaï (en japonais), nouilles sautées thaïes aigres-douces. Le banh mi, sandwich vietnamien marqué par l’héritage colonial français.
Les petits-déjeuners d’Asie du Sud-Est : le nasi lemak, petit-déjeuner national de Malaisie, riz cuit au lait de coco servi avec du sambal. Le nasi goreng (en japonais), riz sauté indonésien qu’on mange aussi le matin. Avec le mohinga, ils composent « le goût du matin en Asie du Sud-Est ».
Un autre plat birman : face au mohinga chaud au bouillon de poisson, le lahpet thoke (en japonais) est une salade froide de feuilles de thé fermentées, de légumineuses et de chou. Comparer la façon dont s’y superposent sauce de poisson, citron vert et légumineuses grillées montre toute l’amplitude de la cuisine birmane.
Le monde des plats de poisson : le thieboudienne (en japonais), riz au poisson du Sénégal, issu de la culture culinaire ouest-africaine. Le ceviche (en japonais) du Pérou n’est pas une soupe, mais partage cette culture qui met le poisson au premier plan.
En résumé : le goût du matin au Myanmar
Le mohinga, c’est un bol où l’on superpose au bouillon tiré d’un humble poisson d’eau douce, le poisson-chat, la liaison de la farine de pois chiche et le parfum de la citronnelle. Les nouilles de riz et les nombreuses garnitures en font un repas complet, nourrissant et rassasiant.
Au Myanmar, le matin commence souvent par un mohinga. La force de ce plat ne s’explique pas seulement par son goût : c’est une culture, une identité, un lien entre les gens. Dans votre cuisine, quand vous préparerez le bouillon de poisson, lierez la soupe à la farine de pois chiche et sentirez monter la citronnelle, un peu de l’air matinal de Yangon devrait vous parvenir.