Riz jollof : le riz à la tomate, fierté de l’Afrique de l’Ouest
Recette du riz jollof nigérian, plat national que se disputent le Nigeria et le Ghana : riz long cuit dans une base de tomate, piment et épices. Le gratin du fond de marmite (« bottom pot »), les différences avec la version ghanéenne et les variantes.
Cette recette a été traduite de l’original japonais par l’équipe éditoriale de Sekai Gohan. Lire l’original (japonais)
Préparation20 min
Cuisson50 min
Total1 h 10 min
Portions4 personnes
NiveauFacile
Le riz à la tomate qu’on surnomme « la paella africaine »
Quiconque a voyagé en Afrique de l’Ouest a forcément croisé ce plat : des grains teintés d’un rouge tomate éclatant, un parfum fumé et la pointe du piment dès la première bouchée. Le riz jollof (jollof rice) est un riz cuit dans sa sauce, aimé dans tous les pays d’Afrique de l’Ouest — Nigeria, Ghana, Sénégal, Cameroun — et souvent décrit comme un pilier de l’identité culinaire de la région.
Son nom renvoie aux Wolofs et à l’ancien empire du Djolof (Jolof), qui s’étendait sur l’actuel Sénégal et la Gambie à partir du XIVᵉ siècle. On rattache souvent l’origine du plat au thiéboudiène sénégalais, avant qu’il ne se diffuse le long de la côte ouest-africaine et ne prenne une forme propre dans chaque pays.
Les « jollof wars », une rivalité pour l’honneur
Entre Nigérians et Ghanéens, une querelle sans fin oppose les partisans de chaque jollof. Sur les réseaux sociaux anglophones, le mot-clé #JollofWars revient régulièrement, et les grands médias internationaux s’en sont fait l’écho. C’est une rivalité bon enfant, mais prise très au sérieux.
Cet article s’appuie sur des recettes de cuisinières et cuisiniers nigérians et ouest-africains pour proposer un riz jollof réalisable avec des ingrédients faciles à trouver, y compris le fameux gratin fumé du fond de marmite. Pour passer du riz à la tomate aux légumes verts mijotés, l’efo riro (en japonais) nigérian permet de comparer deux usages de la sauce dans un même pays. Avec l’injera (en japonais) et le doro wat (en japonais) éthiopiens, vous composerez une table africaine à la maison.
Le riz jollof : plat national d’Afrique de l’Ouest cuit à la tomate et aux épices
Ingrédients pour 4 personnes
Base de tomate (mixée)
Ingrédient
Quantité
Substitutions et remarques
Tomates concassées en boîte
1 boîte (400 g)
Ou 5–6 tomates bien mûres. Si c’est très acide, une pincée de sucre
Poivron rouge
1 (150 g)
Source de douceur et de rondeur du jollof. Indispensable
Oignon
1/2 (100 g)
Pour le mixeur. À part de celui qu’on fait revenir
Piment habanero ou scotch bonnet
1/2–1
Le cœur du piquant. À défaut, 3 piments oiseaux séchés + 1 c. à café de piment en poudre
Ail
3 gousses
—
Gingembre
1 morceau (15 g)
—
Cuisson du riz
Ingrédient
Quantité
Substitutions et remarques
Riz long (basmati ou jasmin)
2 tasses japonaises (300 g)
Le riz rond ne convient pas. Prendre un riz long peu collant
Oignon (émincé)
1 (200 g)
À faire revenir
Concentré de tomate
3 c. à soupe
Essentiel pour la couleur et le goût
Huile neutre (ou huile d’arachide)
4 c. à soupe
Sur place, souvent de l’huile de palme. L’huile d’arachide convient
Bouillon de volaille en cube
1
Le cube Maggi est le classique local. Tout cube de bouillon convient
Laurier
2 feuilles
—
Thym (séché)
1 c. à café
Ou 3–4 brins de thym frais
Curry en poudre
1 c. à café
Un assaisonnement courant au Nigeria
Paprika en poudre
1 c. à café
Couleur et douceur
Sel
1 c. à café, puis selon le goût
—
Eau
200 ml
Selon l’humidité de la base de tomate
Informations nutritionnelles (1 portion sur 4)
Les valeurs nutritionnelles de cet article sont des estimations pour 1 portion sur 4. L’essentiel des 86 g de glucides vient du riz long, les 14 g de lipides de l’huile de cuisson et de la base de tomate. Les 12 g de protéines proviennent du bouillon et du riz ; avec du poulet en accompagnement, on dépasse 30 g. Les 4 g de fibres viennent de la tomate et du poivron.
Allergènes
Cette recette de base peut contenir du blé (parfois présent en petite quantité dans les cubes de bouillon). Un bouillon sans gluten règle la question. La capsaïcine du piment irrite fortement l’estomac et l’intestin : si vous ne supportez pas le piquant, supprimez l’habanero et parfumez seulement au paprika.
Préparation
Préparer la base de tomate
5 min
Épépinez le poivron rouge et coupez-le grossièrement, ainsi que le 1/2 oignon. Mettez dans le mixeur les tomates en boîte, le poivron, l’oignon, les 3 gousses d’ail, le morceau de gingembre et l’habanero (avec ses graines), et mixez jusqu’à obtenir une purée lisse. Visez une purée parfaitement fine en 30 secondes à 1 minute.
Plus la base est lisse, plus le jollof est beau : s’il reste des morceaux, la couleur est irrégulière. Sans blender, un robot fonctionne aussi ; avec un mixeur moins puissant, ajoutez environ 2 c. à soupe d’eau pour faciliter le mixage.
Tomates, poivron et habanero mixés bien lisses : cette pâte rouge est l’âme du jollof
Faire revenir l’oignon et réduire la base de tomate
20 min
Dans une marmite épaisse (idéalement une cocotte en fonte), chauffez 4 c. à soupe d’huile à feu moyen et faites dorer l’oignon émincé 8 à 10 minutes, en remuant de temps en temps pour ne pas le brûler.
Quand l’oignon est blond doré, ajoutez 3 c. à soupe de concentré de tomate et faites revenir 2 à 3 minutes. Le concentré passe d’un rouge brique sombre à un rouge vif et commence à se séparer de l’huile : c’est le signe qu’il est bien revenu. Les cuisiniers nigérians appellent souvent cette étape frying the paste et la considèrent comme décisive pour la couleur et le goût.
Versez ensuite d’un coup la base de tomate mixée. Faites réduire 15 à 20 minutes à feu moyen-vif, jusqu’à apercevoir le fond de la marmite. En remuant à la spatule pour évaporer l’eau, la sauce se concentre, oignon et tomate se fondent et l’huile remonte en surface. Repère : la sauce est lourde sur la spatule, et un trait tracé au fond reste visible environ 5 secondes. C’est le moment que l’on décrit par the oil floats on top, une étape qui fait la réussite du riz jollof.
Chasser l’acidité de la tomate
Si la réduction est insuffisante, l’acidité reste dans le plat fini. L’idéal : un trait tracé à la spatule au fond de la marmite qui ne s’efface pas pendant 5 secondes. Avec des tomates fraîches, plus aqueuses, prolongez la réduction à 25–30 minutes.
Faire revenir l’oignon puis réduire la base de tomate (20 minutes)
Ajouter les épices et le riz
5 min
Ajoutez à la base réduite 1 c. à café de curry, 1 c. à café de thym, 1 c. à café de paprika, 2 feuilles de laurier, 1 cube de bouillon et 1 c. à café de sel, et mélangez bien. Goûtez à ce stade : le sel doit paraître un peu fort, car le riz l’absorbera avec le liquide.
Égouttez les 300 g de riz long, lavé et trempé environ 30 minutes, et ajoutez-le dans la marmite. Mélangez bien depuis le fond pour que la base de tomate enrobe tous les grains. Ajoutez 200 ml d’eau et mélangez encore une fois avant de couvrir.
Utiliser du riz long
Le riz rond japonais ou à risotto est trop collant pour le riz jollof : le résultat devient pâteux, sans grains bien séparés. Prenez du basmati ou du riz jasmin, qu’on trouve facilement au supermarché ou en épicerie asiatique.
Ajouter le riz lavé et trempé à la base de tomate et bien l’enrober de sauce rouge
Fermer hermétiquement au papier aluminium et au couvercle
30 min
C’est l’étape la plus importante. Posez une feuille d’aluminium bien à plat sur la marmite, puis le couvercle par-dessus. Cette double fermeture sert à retenir toute la vapeur. Dans certains foyers nigérians, on glisse un sac en plastique sous le couvercle, mais l’aluminium est plus sûr.
Baissez à feu doux et laissez cuire 25 à 30 minutes sans jamais soulever le couvercle. Rabattez l’aluminium le long du bord et taillez ce qui dépasse du couvercle à 2–3 cm. Si vous ouvrez, la vapeur s’échappe et le riz cuit mal. Après une dizaine de minutes, un parfum doux de tomate devrait se répandre.
Obtenir le gratin du fond
Le plaisir du riz jollof, c’est la fine couche gratinée au fond de la marmite. Au Nigeria, on l’appelle le bottom pot et on l’apprécie autant que le socarrat d’une paella. Montez à feu moyen seulement pendant les 5 dernières minutes de cuisson : une fine croûte croustillante se forme au fond. Pour ne pas brûler, coupez le feu dès que vous entendez crépiter.
Double fermeture aluminium + couvercle pour garder la vapeur : 30 minutes à feu doux, sans jamais ouvrir
Laisser reposer et finir
10 min
Coupez le feu et laissez reposer 10 minutes à couvert. En retirant couvercle et aluminium, la vapeur rouge libère le parfum des épices. C’est réussi si les grains sont uniformément rouges et qu’il ne reste pas de liquide au fond. Égrainez délicatement tout le riz à la fourchette : plutôt qu’une spatule, la fourchette garde les grains entiers et bien séparés.
Retirez le laurier, goûtez et ajoutez un peu de sel si nécessaire. Servez.
Un jollof réussi se reconnaît à sa couleur à l’ouverture : grains uniformément rouges et bien séparés. S’il reste des grains blancs, c’est que la sauce manquait.
La couleur et le parfum à l’ouverture : si chaque grain est rouge tomate, c’est gagné
Service et accompagnements
Le riz jollof se suffit à lui-même, mais en Afrique de l’Ouest, il arrive presque toujours accompagné. Dans les fêtes nigérianes, plusieurs plats entourent le jollof et chacun compose son assiette.
Les accompagnements nigérians classiques
Bananes plantains frites (dodo) : plantains bien mûrs coupés en biais et frits. Leur douceur tempère le piquant du jollof. On les trouve en épicerie africaine ou antillaise ; à défaut, des bananes bien mûres en tranches épaisses, poêlées au beurre, les remplacent
Coleslaw : chou et carotte à la mayonnaise. Étonnamment, c’est un classique des fêtes nigérianes, signe d’une influence occidentale
Moi moi (en japonais) : purée de haricots à œil noir cuite à la vapeur. Riche en protéines, elle complète bien le riz jollof
Poulet grillé (façon suya) : poulet mariné dans un mélange épicé puis grillé. Au Nigeria, jollof et poulet forment le duo incontournable
Variantes d’accompagnements
À la place des plantains, des tranches fines de patate douce rôties à l’huile d’olive et salées s’accordent très bien. Pour le poulet, frottez des cuisses de poulet de curry, paprika, ail, gingembre et sel, puis passez-les au gril : on retrouve l’esprit du poulet suya.
Service à la nigériane : riz jollof, bananes plantains frites et poulet grillé
Conseils
Prendre une marmite épaisse
Dans une casserole fine en inox, le fond brûle facilement et le feu est difficile à régler. Une cocotte en fonte ou toute marmite à fond épais est idéale. Dans les foyers nigérians, on utilise de grandes marmites en aluminium. Une marmite en terre peut aussi faire l’affaire.
L’huile de palme pour la couleur d’origine
La couleur orangé-rouge éclatante de nombreux jollof nigérians vient de l’huile de palme rouge. On en trouve en épicerie africaine ou en ligne ; 2 c. à soupe suffisent à changer nettement la couleur et le goût. Elle reste une matière grasse aussi calorique que les autres huiles : à doser avec modération.
Encore meilleur préparé la veille
Préparée la veille et gardée au réfrigérateur, la base de tomate gagne en profondeur, les épices se fondent. Le jour même, il ne reste qu’à ajouter le riz et à cuire : pratique pour recevoir. Pour les mariages en Afrique de l’Ouest, on prépare souvent de grandes quantités de base la veille.
Version express au cuiseur à riz
Les jours pressés, le cuiseur à riz fait l’affaire. Mettez dans la cuve la base de tomate (déjà réduite), le riz long lavé, les épices et l’eau, et lancez le programme normal. Pas de gratin au fond, mais le goût est là. Pour l’eau, tenez compte de l’humidité de la base : 100 ml de moins que la quantité habituelle.
Au cuiseur à riz aussi, on obtient un bon jollof : la version des jours pressés
Variantes
Le riz jollof ghanéen
On décrit souvent la version ghanéenne comme préparée avec du riz jasmin plutôt que basmati, et avec davantage de tomates fraîches dans la base. Elle serait un peu plus douce que la nigériane, la douceur de la tomate passant au premier plan. Au Ghana, on sert volontiers le jollof avec du shito, une pâte pimentée de crevettes séchées, piment, oignon et ail longuement revenus à l’huile, véritable concentré d’umami.
Le thiéboudiène sénégalais
Plat sénégalais souvent considéré comme l’ancêtre du riz jollof : du poisson (souvent du mérou ou du bar) et des légumes (carotte, chou, aubergine, gombo) cuits avec le riz. Plat national du Sénégal, le ceebu jën a été inscrit en 2021 au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Chez soi, des filets de poisson blanc (cabillaud, espadon) et les légumes de votre choix conviennent. En wolof, ceeb signifie riz et jën poisson : le nom veut dire « riz au poisson ». La tradition en situe souvent la naissance à Saint-Louis, l’ancienne ville portuaire du Sénégal.
Le riz jollof camerounais
La version camerounaise utilise parfois les épices autrement que les autres pays d’Afrique de l’Ouest, avec par exemple de la muscade ou du poivre blanc, pour un profil plus complexe. Outre le poulet ou le bœuf, on y emploie aussi des crevettes séchées ou des crayfish (petits crustacés séchés) comme base d’umami, qui se fondent dans la tomate. Pour s’en approcher, ajoutez 2 c. à soupe de petites crevettes séchées finement pilées.
Version « façon jollof » au riz rond
Avec du riz rond, on ne fait pas un vrai jollof mais un riz « façon jollof ». Mettez dans le cuiseur à riz 2 tasses de riz rond, 1/2 boîte de tomates, 1 cube de bouillon, 1/2 c. à café de curry et 10 g de beurre, et lancez le programme normal. Parsemez de persil. Les grains ne sont pas séparés, mais c’est un riz à la tomate tout à fait savoureux.
Version végétarienne
Remplacez simplement le bouillon de volaille par un bouillon de légumes. Pour plus de rondeur, faites revenir 2 ou 3 champignons de Paris hachés avec l’oignon. Même chose pour une version végane ; avec de l’huile de palme comme matière grasse, couleur et goût se rapprochent de l’original.
À gauche, le nigérian (plus fumé) ; à droite, le ghanéen (tomate plus douce)
Le contexte : cuisine et identité en Afrique de l’Ouest
Histoire du riz jollof
Le nom du riz jollof renvoie à l’empire du Djolof (empire wolof), qui prospéra à partir du XIVᵉ siècle entre le nord du Sénégal et la Gambie. Le riz était cultivé depuis longtemps en Afrique de l’Ouest ; la tomate, en revanche, est d’origine américaine et n’est arrivée qu’après les contacts avec les Européens. La forme actuelle du plat, riz cuit dans une base de tomate, d’oignon et de piment, est donc bien plus récente que l’empire qui lui a donné son nom.
Le plat s’est diffusé le long de la côte ouest-africaine, et au XXᵉ siècle, il s’est imposé comme plat national au Nigeria comme au Ghana. Au Nigeria, la culture des grandes fêtes en a fait un élément central de l’identité ; avec l’essor des réseaux sociaux, la rivalité entre Nigérians et Ghanéens s’est muée en « jollof wars ».
Le sens social du riz jollof
En Afrique de l’Ouest, le riz jollof dépasse le simple plat : c’est un symbole culturel. Pour beaucoup de personnes de la diaspora, cuisiner un jollof est une façon de garder le lien avec leurs origines.
Dans les villes à forte population ouest-africaine — Londres, New York, Toronto —, les restaurants qui servent du riz jollof se multiplient, et certains sont salués par la critique gastronomique.
Un plat de fête
Au Nigeria, on sert du riz jollof à toutes les fêtes : mariages, anniversaires, baptêmes, repas après des funérailles. Dans la diaspora nigériane anglophone, la formule « No Jollof, No Party » est devenue courante, jusqu’à s’afficher sur des t-shirts.
Le jollof des fêtes, appelé party jollof, se distingue de celui de la maison. Le parfum fumé qui naît quand on cuit de grandes quantités de riz au feu de bois en fait tout le charme, et beaucoup estiment qu’il est impossible à reproduire dans une petite marmite. Comme l’injera (en japonais) éthiopienne cuite sur une grande plaque, c’est un plat qui doit une partie de son goût à la cuisine en grande quantité.
Le riz jollof et la diaspora africaine
Les personnes déportées d’Afrique de l’Ouest vers les Amériques par la traite atlantique y ont emporté leurs savoir-faire culinaires. On rapproche souvent la jambalaya de Louisiane ou certains riz des Caraïbes de la famille du jollof, et l’hypothèse d’une parenté est régulièrement avancée par les historiens de la cuisine afro-américaine.
Pour aller plus loin
Le riz jollof s’inscrit dans une grande famille de plats de riz et d’épices. Pour explorer d’autres cuisines, essayez le tajine marocain (en japonais) ou la feijoada brésilienne (en japonais). Côté Moyen-Orient, les köfte turques (en japonais) et la chakchouka (en japonais) inspirent l’usage des épices. Pour comparer avec les riz d’Asie du Sud-Est, goûtez le nasi goreng indonésien (en japonais) ou le nasi lemak malaisien.
Le party jollof, cuit en grande quantité au feu de bois : son parfum fumé fait tout son charme
Questions fréquentes
Pour découvrir d’autres cuisines africaines
Essayez aussi l’injera (en japonais), la crêpe acidulée éthiopienne, ou le doro wat (en japonais), ragoût de poulet épicé. Le tajine (en japonais) marocain est l’emblème de la cuisson lente nord-africaine. Si le Moyen-Orient vous tente, voyez aussi le houmous (en japonais) ou les falafels (en japonais). Pour approfondir les épices, le biryani (en japonais) est un bon choix.
Q1. Mon riz jollof ne devient pas rouge. Pourquoi ?
Presque toujours, la base de tomate n’a pas assez réduit ou le concentré de tomate manque. Utilisez au moins 3 c. à soupe de concentré et réduisez la base jusqu’à ce que l’huile remonte. Un peu plus de paprika renforce la couleur, et 2 c. à soupe d’huile de palme rouge changent tout.
Q2. Mon riz est pâteux.
Utilisez-vous bien du riz long ? Le riz rond ne donne pas de grains séparés : prenez du basmati ou du riz jasmin. Il est aussi essentiel de bien évaporer l’eau de la base avant d’ajouter le riz, et de ne pas mettre trop d’eau. Comptez 200 ml ; si la base est très concentrée, 150 ml suffisent.
Q3. Je ne trouve pas d’habanero. Par quoi le remplacer ?
3 piments oiseaux séchés finement hachés avec leurs graines, plus 1 c. à café de piment en poudre, donnent un piquant proche. Le parfum fruité propre à l’habanero, en revanche, ne se reproduit pas. On trouve de la poudre d’habanero séché en épicerie ou en ligne : 1/2 c. à café rapproche du piquant d’origine. Si vous n’aimez pas le piquant, supprimez l’habanero et passez le paprika à 2 c. à café.
Q4. Je n’arrive pas à obtenir le gratin du fond.
Il faut monter à feu moyen pendant les 5 dernières minutes de cuisson ; à feu doux jusqu’au bout, il ne se forme pas. Si vous entendez crépiter 2 à 3 minutes après avoir monté le feu, c’est bon signe. Mais trop fort ou trop longtemps, et tout noircit : fiez-vous au son. Une marmite épaisse donne un gratin plus régulier.
Q5. Peut-on le congeler ?
Oui. Une fois tiédi, étalez le riz jollof en couche fine dans un sac de congélation. Comptez 1 mois de conservation. Décongelez au micro-ondes puis faites-le sauter à la poêle avec un peu d’huile : les grains retrouvent leur tenue. Sauté avec un œuf, le jollof décongelé devient un « jollof fried rice », un tout autre plat.
Q6. Comment l’adoucir pour les enfants ?
Supprimez l’habanero et passez le paprika à 2 c. à café : les épices restent, le piquant disparaît. Si l’acidité de la tomate gêne, 1 c. à café de sucre donne un goût plus doux que les enfants apprécient. Dans les familles nigérianes aussi, le jollof des enfants se cuit souvent sans piment.
Q7. À quelles occasions mange-t-on le riz jollof ?
En Afrique de l’Ouest, à toutes : du repas quotidien aux grandes fêtes. On le sert au déjeuner de tous les jours comme en plat vedette d’un banquet de mariage. Chez vous, il trouve facilement sa place au déjeuner du week-end ; il se prépare aussi à l’avance, pratique pour les dîners de semaine.
Sources
Jessica B. Harris, "High on the Hog: A Culinary Journey from Africa to America", Bloomsbury, 2011