Kuzuyu : un liquide pâle qui devient translucide et épais
Mélangez les trois ingrédients avant d’allumer le feu. Remuez ensuite sans arrêt à feu vif jusqu’à ce que le liquide soit à la fois translucide et épais.
Au départ, le liquide de la petite casserole est pâle et trouble. À mesure qu’on le remue sur le feu, il perd son trouble et prend du corps. Tout le kuzuyu (葛湯) tient dans ce changement : une boisson japonaise chaude, épaissie à la poudre de kudzu.
Cet article suit une version précise : la recette en casserole pour une personne publiée par Tengyokudo (天極堂), spécialiste japonais du kudzu. Elle se fait avec de la poudre de hon-kuzu de Yoshino, du sucre et de l’eau. C’est la recette de base d’un fabricant, pas la norme pour toutes les régions ni toutes les marques du Japon. Tengyokudo indique seulement « sucre » : choisir du sucre blanc est notre décision éditoriale.
Nous n’avons pas testé cette recette en cuisine. Tengyokudo ne donne ni temps de cuisson, ni taille de casserole, ni température finale, et nous n’en avons ajouté aucun. Pour d’autres plats du même pays, voir notre page Japon.
Ingrédients : pour 1 personne

Matériel
- Une balance de cuisine
- Une petite casserole
- Une spatule
- Un bol résistant à la chaleur
- Une soucoupe stable
- Une cuillère
Choisir et mesurer
La poudre de kudzu. Cherchez une poudre de qualité alimentaire étiquetée hon-kuzu. Ne traitez pas le katakuriko, la fécule de maïs ou d’autres amidons comme le même ingrédient : cette recette ne dit pas comment ils se comporteraient. Elle part aussi d’une poudre achetée et n’implique pas de raffiner la racine de kudzu chez soi.
Le sucre. Le sucre blanc est ici un choix éditorial. Un sucre roux comme le kokutō (黒糖) relève d’une autre variante, pas de cette tasse de base.
L’eau. Utilisez de l’eau potable non chauffée, pesée en grammes. Versez-la dans la casserole avant d’allumer le feu.
Le kuzuyu terminé est chaud et épais : prenez garde au moment de le verser et avant de le boire. Cet article ne donne aucune température de dégustation sûre, et ni l’aspect de la boisson ni les repères de cuisson ne peuvent vous dire qu’elle a assez refroidi.
Méthode : mélanger d’abord, chauffer ensuite
Les étapes 1 à 4 se font toutes avant d’allumer le feu. Les étapes 5 et 6 sont la seule phase de cuisson. Les étapes 7 à 9 relèvent de la manutention ordinaire et n’apportent aucun chauffage supplémentaire.
Si le résultat ne ressemble pas à ça
| Ce que vous voyez | Quand | Que faire |
|---|---|---|
| Des grumeaux dans le liquide | Avant de chauffer | Continuez de mélanger à la spatule jusqu’à ce qu’ils aient disparu, et n’allumez le feu qu’ensuite |
| Encore trouble | Pendant la chauffe | Continuez de remuer sur le feu. L’épaisseur seule ne signifie pas que c’est prêt |
| Limpide mais fluide | Pendant la chauffe | Continuez de remuer jusqu’à ce qu’il épaississe aussi |
| Une masse ferme que l’on pourrait couper | À la fin | C’est au-delà de la texture visée. Vérifiez vos pesées la prochaine fois. Ajouter de l’eau ne fait pas partie de cette recette : nous ne pouvons pas dire ce que cela donnerait |
Des variantes au-delà de cette tasse
La page de Tengyokudo propose aussi de remplacer l’eau par du lait, du café, du thé noir ou du lait de soja, et elle présente des variantes au gingembre ou au sucre roux. Nous avons laissé tout cela de côté, pour que la recette ci-dessus reste une simple tasse de kudzu, de sucre et d’eau. Si l’une de ces idées vous tente, suivez la page de Tengyokudo plutôt que d’adapter les étapes d’ici.
Contexte : le kudzu et le kuzu de Yoshino, à Nara
Un rapport de mars 2025 de la préfecture de Nara, hébergé sur le site de l’Agence pour les affaires culturelles du Japon, retrace l’histoire du kudzu à Nara. Il y est question de la racine de kudzu comme remède et comme aliment, ainsi que de la poudre de kudzu et du hon-kuzu de Yoshino. Cette histoire médicinale n’est qu’une trace historique : elle ne dit rien d’un éventuel effet sur la santé de boire du kuzuyu aujourd’hui.
Le rapport rapproche le nom « kuzu » du toponyme Kuzu (国栖), mais seulement à titre d’hypothèse : nous ne le tenons donc pas pour établi. Il décrit aussi les procédés de raffinage appelés Yoshino-sarashi (吉野晒し) et kan-zarashi (寒晒し), le rôle de l’eau froide et du climat, et la production de poudre de kudzu dans la préfecture.
Le même rapport expose une définition régionale de la marque hon-kuzu de Yoshino et de l’amidon de racine de kudzu comme matière première. Nous n’avons pas vérifié l’état actuel de cette marque ni son statut juridique : lisez le rapport comme de l’histoire, et fiez-vous à l’étiquette de l’emballage au moment d’acheter la poudre.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il ?
Tengyokudo ne donne aucun temps de cuisson et nous ne l’avons pas chronométré nous-mêmes. Appuyez-vous plutôt sur les deux repères visuels de l’étape 6.
Peut-on la préparer au micro-ondes ?
D’autres méthodes existent, mais ce sont d’autres recettes. Maehara Seifun (marque Gishi) décrit une poudre et un sucre délayés dans un peu d’eau dans une tasse, puis l’ajout d’eau ou d’eau chaude, un passage au micro-ondes et un mélange jusqu’à transparence. Ses quantités et son ordre diffèrent de ceux de Tengyokudo : ne mélangez pas les deux. Si vous voulez cette méthode, suivez sa page du début à la fin.
Peut-on verser de l’eau chaude directement sur la poudre ?
Pas dans cette recette, où l’eau non chauffée est versée puis mélangée avant d’allumer le feu. Maehara Seifun déconseille d’ailleurs de verser de l’eau chaude directement sur des grumeaux de poudre de kudzu.
Peut-on remplacer par du katakuriko ou de la fécule de maïs ?
Cette recette ne les traite pas, et nous ne pouvons pas promettre qu’ils se comporteraient de la même façon ni qu’ils donneraient la même boisson.
Peut-on utiliser un autre sucre ?
Tengyokudo ne précise aucun type de sucre, et le sucre blanc est notre choix éditorial. Son idée de sucre roux est présentée comme une variante : elle ne fait pas partie de cette tasse de base.
Peut-on la conserver ou la réchauffer ?
Aucune des deux pages de recette que nous avons utilisées ne donne d’indication de conservation ou de réchauffage : nous ne proposons donc ni durée de conservation ni méthode de réchauffage. La recette donne une seule portion.
Le kuzuyu est-il bon pour la santé ?
Cet article n’avance aucune allégation médicale ni nutritionnelle. L’usage médicinal ancien du kudzu à Nara ne démontre pas que boire du kuzuyu aujourd’hui ait un effet particulier.
Sources
- Inoue Tengyokudo Co., Ltd. (Yoshino Hon-kuzu Tengyokudo), « 自分で葛粉から葛湯を作る方法 » (comment faire soi-même du kuzuyu à partir de poudre de kudzu). Source des quantités pour une portion, de la méthode en casserole et des variantes facultatives, que nous n’avons pas retenues. Une recette publiée par un spécialiste, pas un test indépendant en cuisine. https://www.kudzu.jp/hpgen/HPB/entries/204.html
- Maehara Seifun Co., Ltd. (Gishi), « 葛湯の作り方を教えて下さい。 » (comment faire le kuzuyu). Utilisée seulement pour comparaison : une méthode distincte, en tasse et au micro-ondes, sa mise en garde sur l’eau chaude et les grumeaux, et son avertissement contre les brûlures. https://www.gishi.co.jp/home/faq_view.asp?id=96
- Préfecture de Nara, « 令和6年度「食文化ストーリー」創出・発信モデル事業 奈良の食文化(大和の保存食)情報調査・発信事業 調査報告書 » (rapport d’enquête sur la culture alimentaire et les aliments conservés de Nara), mars 2025, hébergé sur le site de l’Agence pour les affaires culturelles. Utilisé pour le contexte sur le kudzu et le hon-kuzu de Yoshino. Notre résumé s’appuie sur une lecture antérieure du chapitre consacré au hon-kuzu de Yoshino (pages 20–24 de l’édition imprimée), et non sur le rapport entier ; ce n’est pas une source de recette. https://www.bunka.go.jp/seisaku/bunkazai/joseishien/syokubunka_story/pdf/94217001_10.pdf
















