Risotto alla milanese italien, jauni au safran
Préparation15 min
Cuisson25 min
Portions4 portions
CuisineItalienne

Risotto de base : réussir un riz al dente

Le risotto expliqué depuis la base : choix du riz, ajout du bouillon, al dente, mantecare, conservation, substitut du fromage, variantes aux champignons et à la milanaise, différence avec la paella, ingrédients de remplacement et réchauffage le lendemain. Repères de feu et de gestes pour ne pas rater un risotto à la maison.

Total: 40 minNiveau: Intermédiaire

Cooking flow

Étapes de préparation

STEP 11 / 7

Garder le bouillon fumant

5 min

Image du bouillon chaud préparé avant de faire le risotto
Le bouillon reste chaud à côté, pour être ajouté sans faire baisser la température du riz

Mettez 1000 ml de bouillon dans une petite casserole et gardez-le à feu doux, à une température où il fume. De petites bulles apparaissent sur la paroi, sans bouillir à gros bouillons. S'il bout trop, il se concentre en sel, et un bouillon refroidi, une fois ajouté, arrête la cuisson du riz. Posez une louche à côté, prête à ajouter 150 ml à la fois, puis passez à la casserole de riz.

STEP 22 / 7

Attendrir l'oignon jusqu'à ce qu'il soit translucide

4 min

Étape où l'oignon et le beurre donnent la base parfumée du risotto
L'oignon cuit à feu moyen-doux jusqu'à devenir translucide, sans brunir

Dans une casserole épaisse, mettez 20 g de beurre, 1 c. à soupe d'huile d'olive et 80 g d'oignon haché, et faites revenir 4 minutes à feu moyen-doux. Repère : les bords de l'oignon sont translucides, les bulles du beurre sont fines et il n'y a pas de coloration. En brunissant, c'est l'amertume qui passe devant la douceur. Si le fond s'assèche, baissez le feu et ajoutez seulement 1 c. à café d'huile d'olive.

STEP 33 / 7

Nacrer le riz sans le laver (tostatura)

2 min

Gros plan sur les grains d'un riz à risotto, que l'on n'a pas lavé
On garde l'amidon de surface du riz à risotto, on le chauffe dans la matière grasse avant de lui faire boire le bouillon

Ajoutez 320 g de riz sans le laver et faites revenir 2 minutes à feu moyen. C'est suffisant quand la surface des grains est chaude, que le riz fait un léger bruit sec à la cuillère en bois et qu'une fine brillance d'huile apparaît. Il n'est pas nécessaire de le rendre translucide. Arrêtez avant toute coloration. Si l'on lave le riz ici, il manque l'amidon de surface qui deviendra plus tard une sauce onctueuse.

STEP 44 / 7

Faire absorber le vin blanc pour garder l'acidité

2 min

Étape où le riz se resserre doucement après avoir absorbé le vin blanc
On garde le parfum du vin et on évapore à feu moyen jusqu'à ce que la flaque du fond ait disparu

Versez d'un coup 100 ml de vin blanc et remuez à feu moyen. Au début, l'alcool dégage une odeur vive, qui s'arrondit au bout d'1 minute environ. Repère : quand on passe la cuillère en bois au fond, la flaque ne revient pas aussitôt et le riz se rassemble doucement. Si l'on n'évapore pas assez, il reste un parfum de vin cru ; si l'on évapore trop, le riz attache au fond.

STEP 55 / 7

Cuire en ajoutant le bouillon

16–18 min

Risotto qui frémit dans une casserole peu profonde, le riz absorbant le bouillon
On n'ajoute pas tout le bouillon d'un coup : on en remet quand le riz affleure

Ajoutez une louche de bouillon bien chaud, environ 150 ml, et gardez un feu moyen où de petites bulles frémissent. Quand le liquide a baissé, que le riz affleure légèrement et qu'en passant la cuillère au fond un sillage reste un instant, ajoutez la louche suivante. Répétez, et après 16 minutes, goûtez un grain. L'extérieur tendre avec un fin cœur au centre, c'est l'al dente. À gros bouillons, seul l'extérieur se délite ; à feu trop doux, le cœur reste épais.

STEP 66 / 7

Couper le feu et mantecare

2 min

Dans la casserole hors du feu, le beurre et le fromage se lient et le risotto retombe en vague
Le mantecare se fait hors du feu, pour lier en douceur l'amidon du riz et la matière grasse

Quand le riz est al dente, éteignez le feu et ajoutez 30 g de beurre froid et 50 g de fromage râpé. Plutôt que de travailler vigoureusement à la cuillère en bois, secouez la casserole d'avant en arrière pour que le riz retombe en vague. Repère : une sauce émulsionnée reste entre les grains et tombe lourdement de la cuillère. Si c'est trop ferme, ajoutez 2 c. à soupe de bouillon chaud à la fois ; si c'est trop liquide, laissez 30 secondes sur la chaleur résiduelle.

STEP 77 / 7

Verser dans l'assiette et manger tout de suite

1 min

Risotto qui s'étale en fine nappe dans l'assiette, sans que l'eau ne s'écoule seule
Il s'étale doucement dans l'assiette, sans eau qui suinte autour

Laissez reposer 1 minute sans couvercle, puis versez dans une assiette chaude comme si on le faisait couler. C'est réussi quand le risotto s'étale lentement et qu'aucune eau ne suinte autour. S'il tient en dôme ferme, il manque de bouillon ; si le liquide s'écoule avant, il y a trop d'eau. Le riz continue d'absorber après dressage : si vous photographiez, faites vite, et servez à table pendant que c'est chaud.

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Ingredients

Ingrédients

1 / 1

Ingrédients

Ingrédient Quantité Substituts et remarques
Riz à risotto (carnaroli ou arborio) 320 g Avec un riz rond ordinaire, ne pas le laver. Le riz prélavé (« sans lavage ») a peu d'amidon de surface et convient mal
Oignon 80 g Haché fin. 60 g de blanc de poireau conviennent aussi
Beurre non salé 50 g 20 g pour faire revenir, 30 g pour la finition. On peut l'associer à de l'huile d'olive
Huile d'olive 1 c. à soupe Aide à chauffer uniformément la surface du riz
Vin blanc 100 ml Sec. Remplaçable par 3 c. à soupe de saké ou de vin de riz, 3 c. à soupe d'eau et 1 c. à café de jus de citron
Bouillon chaud 1000 ml Volaille, légumes ou léger bouillon d'algue kombu. Toujours bien chaud
Parmigiano reggiano 50 g Grana padano, ou 30 g de fromage râpé en poudre.
Sel 1/2 c. à café À ajuster selon le sel du bouillon et du fromage
Poivre blanc Un peu Le poivre noir convient aussi
Huile d'olive de finition 2 c. à café Facultatif. Pratique pour limiter les produits laitiers
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L'histoire du risotto : un riz qui boit la saveur, et non un riz cuit à l'eau

Dans la cuisine, en fin de journée, le bruit d'un oignon haché se prolonge doucement. Au fond de la casserole, le beurre fond ; quand on y met le riz blanc, le crépitement sec monte un peu d'un ton. On verse le vin blanc, et dans la vapeur qui s'élève se mêlent l'acidité et l'odeur sucrée du riz. Le risotto n'est pas un plat de riz que l'on lance et que l'on attend. On reste devant la casserole, on observe la vitesse à laquelle le riz boit le bouillon, et on change lentement toute l'atmosphère de la cuisine.

Risotto alla milanese doré qui s'étale
Le risotto n'est pas un plat que l'on dresse en dôme : c'est un riz qui s'étale doucement dans l'assiette. Image : Wikimedia Commons

Le risotto (risotto) est un plat de riz né surtout dans le nord de l'Italie. On l'explique parfois comme une bouillie de riz à l'occidentale, mais si l'on cuisine avec cette idée, on le rate facilement. Cette bouillie de riz se rapproche d'un riz déjà cuit que l'on réchauffe dans un liquide ; le risotto enrobe de matière grasse du riz cru, lui fait absorber peu à peu du bouillon bien chaud, puis l'émulsionne à la fin avec du beurre et du fromage. Au centre du grain, un fin cœur reste ferme tandis que l'extérieur est onctueux et coulant. C'est ce qui fait le risotto.

À la maison, les échecs se concentrent toujours aux mêmes endroits. On lave le riz. On ajoute du bouillon froid et la cuisson s'arrête. On remue trop et il ne reste que du collant. On évapore trop vite et le cœur reste dur. On ajoute le beurre et le fromage finaux sur le feu, et l'ensemble devient gras et se sépare. Si l'on évite cela, on s'approche beaucoup du résultat, sans casserole spéciale ni ingrédients de luxe.

La Cucina Italiana décrit le mantecare, indispensable à la finition du risotto, comme la technique qui consiste à ajouter du beurre et du fromage froids dans la casserole hors du feu pour lier en douceur l'amidon du riz et la matière grasse. Le risotto all'onda, lui, désigne un risotto qui, une fois dressé, ne se tient pas en dôme ferme mais s'étale lentement en vague. Les recettes se terminent souvent par « mélanger le fromage à la fin », mais en lisant les explications italiennes, on comprend que cette émulsion finale est le cœur du plat.

Cet article prépare un « risotto blanc de base », avant d'ajouter des garnitures. On le trouvera peut-être un peu nu sans garniture, mais en apprenant d'abord la base, on passe ensuite aisément aux champignons, au safran, aux fruits de mer, aux légumes de printemps et aux restes de soupe. Si la paella valencienne (en japonais) est un plat où l'on ne remue pas le riz une fois mis, le risotto est un plat où l'on tire juste ce qu'il faut de l'amidon de surface du riz. Malgré le riz, ce qui se passe dans la casserole est à l'opposé.

Parti pris de cet article

On suit la technique de base du nord de l'Italie, tout en privilégiant des ingrédients faciles à réunir. Le riz carnaroli ou arborio est l'idéal, mais pour une première fois, on peut s'exercer avec un riz ordinaire. Trois points ne se négocient pas : ne pas laver le riz, utiliser un bouillon bien chaud, couper le feu pour la finition.

Ingrédients (4 personnes)

Il y a peu d'ingrédients dans un risotto : riz, oignon, matière grasse, vin blanc, bouillon, fromage, beurre. C'est pourquoi, si l'on en traite un à la légère, le goût s'en ressent. Pour autant, il n'est pas nécessaire de tout prendre italien. Les deux achats qui valent la peine : le riz et le fromage. La forme du grain et la façon dont il libère son amidon déterminent le résultat, et le fromage fixe le parfum et le sel de la finition.

Risotto aux cèpes
Risotto aux cèpes. Une fois la base apprise, on passe facilement au risotto aux champignons. Image : Number55, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons
Allergies et sel

Cette recette emploie des produits laitiers (beurre, fromage) et de l'alcool (vin blanc). La cuisson conserve le parfum du vin et chasse l'alcool, mais on ne peut pas affirmer qu'il n'en reste pas du tout. Pour les enfants et les personnes qui veulent éviter l'alcool, remplacez le vin par de l'eau et du jus de citron. Les bouillons du commerce sont souvent très salés : salez peu au début.

Préparer le bouillon

Pour faire simple, dissolvez 2 c. à café de bouillon de volaille en granulés dans 1000 ml d'eau et gardez-le juste avant l'ébullition. Les jours où l'on veut plus de douceur, on peut aussi faire un bouillon de kombu : 5 g d'algue trempés 30 minutes dans 1000 ml d'eau, puis chauffés à feu doux. Comme le liquide se réduit dans un risotto, un bouillon un peu fade « si on le buvait tel quel » est plus facile à manier.

Un paquet de riz à risotto sert bien au-delà du risotto de base : champignons, safran, tomates, fromages, réemploi de restes de plats mijotés. On peut s'exercer avec un riz rond ordinaire, mais en comparant la tenue des grains, la différence se voit.

Le fromage soutient, avec le mantecare final, le parfum et le sel. On peut faire avec du fromage râpé en poudre, mais du parmigiano ou du grana padano fraîchement râpé donne du relief même en petite quantité. C'est un fromage courant : on le choisit parmi ce que l'on trouve dans les boutiques proches.

Le vin blanc n'a pas besoin d'être cher. On choisit un vin sec, pas doux, qui a de l'acidité en bouche et un parfum léger. Si l'on n'a que du saké dans le réfrigérateur, un peu de jus de citron remplace le rôle de l'acidité.

Trois choix à faire avant les courses

Faire les courses de risotto avec trop d'ardeur coûte cher. Inutile, dès la première fois, de réunir carnaroli, bouillon à la moelle, fromage affiné et safran. On répartit l'argent selon le résultat visé.

Résultat visé À acheter en priorité Où économiser Raison
Apprendre la base Riz carnaroli, fromage à pâte dure plutôt que râpé en poudre Vin blanc, casserole La tenue du riz et le sel de finition font le plus de différence
Un dîner de semaine Riz rond ordinaire, bouillon léger, sauteuse épaisse Safran, fromage d'importation Si le but est de s'exercer à la technique, des ingrédients du coin suffisent
Pour des invités Riz carnaroli, parmigiano, cèpes secs ou safran Vin cher Un seul parfum en vedette resserre tout le plat
Réduire les produits laitiers Bonne huile d'olive, bouillon de légumes, un peu de miso blanc Beurre, fromage La richesse de l'émulsion diminue, mais la matière grasse et l'umami se compensent autrement

Dans le doute, n'achetez un peu mieux que le riz. Le fromage et le vin peuvent monter en gamme plus tard, mais si un risotto est lourd avec un riz qui se délite, on ne sait plus si le feu est en cause ou si le riz ne convient pas.

Préparation : faire absorber le bouillon peu à peu

On dit que le risotto « se remue sans arrêt », mais en réalité, il n'est pas nécessaire de rester debout à remuer vigoureusement. L'important est de bouger le riz juste assez pour qu'il n'attache pas au fond, et d'ajouter le bouillon suivant quand le précédent est presque absorbé. Trop de liquide, et le riz nage ; trop peu, et il ne reste que le cœur dur. On avance en regardant le bruit, la vapeur et la surface du riz.

Risotto à la milanaise avec osso buco
Un risotto garde le grain, mais s'étale doucement dans l'assiette. Image : pier, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
Où goûter en route

Après avoir ajouté le bouillon 3 ou 4 fois, goûtez un grain. Si l'extérieur est tendre et qu'un point blanc se voit au centre, tout va bien. Les 2 dernières minutes cuisent d'un coup : à partir de là, vérifiez toutes les 30 secondes pour éviter l'échec.

Conseils de cuisson : pourquoi ne pas laver le riz, et le feu

Le risotto change aussi avec l'épaisseur de la casserole. Dans une poêle mince, l'eau s'évapore vite et le fond brûle facilement. Dans une marmite trop profonde, la surface manque et le riz cuit de façon inégale. Avec ce que l'on a à la maison, une sauteuse épaisse de 24 à 26 cm de diamètre, ou une poêle assez profonde, se manie bien.

Une casserole peu profonde étale la couche de riz, facilite la chauffe et le mouvement d'onde final. Pas besoin d'être aussi large qu'une poêle à paella : une sauteuse épaisse sert aussi à bien d'autres usages.

Pour se rapprocher de la milanaise, le seul achat qui vaille la peine est le safran. On peut obtenir le jaune avec du curcuma, mais le parfum de fleur sèche, au fond du riz et du beurre, est tout autre.

Risotto au safran qui s'étale doucement dans l'assiette
Sans laver le riz, en lui faisant boire peu à peu du bouillon chaud, on se rapproche de la texture qui s'étale doucement dans l'assiette

Le premier réflexe troublant, c'est de « ne pas laver le riz ». Dans la cuisine du riz, laver est une évidence pour beaucoup, et on peut y résister. Mais l'onctuosité du risotto vient de l'amidon de la surface du riz. Les règles de cuisson du risotto de Food Reference expliquent aussi que laver le riz fait partir l'amidon qui donne l'onctuosité, et que la base est donc de ne pas le laver.

On utilise l'amidon du riz, pas sa « saleté »

Pour la conservation, on peut mettre le riz à risotto dans un sac hermétique au réfrigérateur pour éviter les odeurs. Si l'on tient absolument à le laver, mieux vaut considérer le plat comme un pilaf, plus que comme un risotto : le résultat paraîtra plus logique.

Un bouillon chaud, mais pas trop concentré

Un bouillon froid fait baisser la température de la casserole et seul le cœur du riz reste dur. À l'inverse, un bouillon concentré qu'on réduit en l'ajoutant donne un plat trop salé à la fin. Les jours où l'on emploie un bouillon du commerce, faites-le un peu plus léger que l'indication de l'emballage et laissez le fromage final décider du sel.

Remuer juste assez pour ne pas brûler

Si l'on remue sans cesse et fortement, les grains s'abîment et il ne reste que du collant. Si on laisse, le fond brûle. Remuez l'ensemble juste après chaque louche, puis, toutes les 30 à 40 secondes, caressez le fond. Avec un feu domestique, c'est une fréquence facile à tenir.

Al dente ne veut pas dire cœur dur

L'al dente n'est pas un « cœur cru ». À la dent, l'extérieur est tendre et le centre offre une petite résistance. Si le cœur blanc reste épais, la cuisson est insuffisante ; si les grains sont fendus, elle est excessive.

Toujours couper le feu pour finir

Dans l'explication du mantecare de La Cucina Italiana aussi, l'essentiel est de retirer la casserole du feu et d'ajouter du beurre et du fromage froids. Mettre le fromage sur le feu fait partir le parfum et fait remonter l'huile. Les 2 dernières minutes ne sont pas un temps pour « cuire » mais pour « lier ».

Pour un risotto à la maison, le riz carnaroli est le moins risqué. L'arborio est plus facile à trouver, mais l'extérieur s'attendrit vite à la cuisson, et si l'on remue trop, les grains peuvent se déliter. Avec un riz rond ordinaire, qui devient facilement collant, remuez moins et commencez avec un peu moins de bouillon. Le riz prélavé est pratique, mais il a peu d'amidon de surface, ce qui est un peu défavorable à l'émulsion du risotto.

Le risotto n'est pas non plus un plat à préparer d'avance. Même après le dressage, le riz continue d'absorber l'eau avec la chaleur résiduelle. Au bout de 10 minutes, la souplesse en vague a disparu. Les jours où l'arrivée de la famille est décalée, la méthode de la « cuisson aux 80 % » décrite plus loin permet de ne réchauffer et finir qu'au dernier moment.

Tableau de rattrapage en cas d'échec

Dans la casserole, l'état du risotto change à chaque minute : si l'on se dit « tiens, ce n'est pas ça » en chemin, il y a de la marge pour rattraper. Seule l'odeur de brûlé ne s'enlève pas, mais la fermeté, l'eau et le sel s'ajustent beaucoup.

État Cause Que faire sur le moment Prévention la fois suivante
Le cœur du riz reste épais Bouillon froid, feu trop fort qui cuit seulement l'extérieur Ajouter 50 ml de bouillon chaud à la fois, prolonger par tranches de 2 minutes à feu moyen assez doux Garder la casserole de bouillon à côté, toujours fumante
Collant et lourd Trop remué, grains fendus, travaillé avec trop peu de liquide Ajouter 2 c. à soupe de bouillon chaud, éteindre et mélanger en étalant Ne remuer que le fond toutes les 30 à 40 secondes
Trop salé Le sel du bouillon et celui du fromage s'additionnent Arrondir avec du beurre non salé, de l'eau chaude, quelques gouttes de citron Bouillon léger, ne pas saler trop avant la fin
Le fromage se sépare Fromage ajouté sur le feu Retirer du feu, ajouter un peu de bouillon chaud et secouer vivement Toujours mantecare hors du feu, avec du beurre et du fromage froids
L'eau s'écoule dans l'assiette Trop d'eau à la fin, pas assez de repos Remettre 30 secondes sur le feu, laisser reposer 1 minute Arrêter avant la fin quand c'est « un peu lâche », laisser reposer puis dresser

Avec ce tableau, un échec cesse d'être « on n'est pas doué » : on peut le ramener à la température, à l'eau ou à l'émulsion. Plus que l'habileté, c'est un exercice pour lire l'état de la casserole.

Variantes

Risotto à la truffe blanche
Une fois le risotto de base appris, on passe facilement aux champignons, au safran, aux légumes de printemps, à la truffe. Image : Wikimedia Commons

Un risotto de base n'est pas un plat nu, sans garniture : c'est au contraire un socle pour accueillir toutes sortes d'ingrédients. Sans casser la suite apprise ici, en ne changeant que le moment d'ajouter les ingrédients, on passe aux risottos de saison.

Risotto aux champignons

Saisissez séparément à feu moyen assez vif 100 g de shimeji, 100 g de maitake et 1 pleurote géant (ou l'équivalent en champignons de votre choix), et ajoutez-les au risotto pendant les 5 dernières minutes. Mis dès le début, les champignons rendent de l'eau et rendent la cuisson du riz difficile à lire. Faites réhydrater 10 g de cèpes secs dans 200 ml d'eau tiède et employez l'eau de trempage comme une partie du bouillon : même en petite quantité, le parfum ressort.

Risotto à la milanaise

Chez La Cucina Italiana, le risotto alla milanese repose sur le riz, le safran, le bouillon, le vin, le beurre et le parmigiano. Dans la version maison, laissez tremper une pincée de safran 10 minutes dans 3 c. à soupe de bouillon et ajoutez-la 8 minutes après le début de la cuisson. Le safran est cher, mais sa couleur et son parfum sont si forts qu'un peu suffit.

Risotto aux légumes de printemps

Asperges, petits pois et fleurs de colza se cuisent à part et s'ajoutent pendant les 3 dernières minutes. Mis dès le début, ils perdent leur couleur et fatiguent avant que le riz ne soit cuit. En finissant par un peu de zeste de citron râpé, on allège la lourdeur du fromage.

Risotto avec moins de produits laitiers

Remplacez le beurre par de l'huile d'olive, ne mettez pas de fromage, et en finition, ajoutez 1/2 c. à café de miso blanc délayé dans 2 c. à soupe de bouillon chaud. C'est une variation par rapport à la cuisine italienne, mais si l'on veut éviter les produits laitiers, cela aide pour l'umami et le sel. Trop de miso fait pencher vers une soupe de riz japonaise : on n'en met que très peu.

Risotto avec des restes de soupe

Avec un reste de goulash ou de fasolada, dilué et employé comme bouillon, on obtient un autre déjeuner. Mais une soupe très garnie attache facilement : filtrez-la à la passoire et ne chauffez que le liquide. Si la soupe est très relevée, diluez-la à l'eau et réduisez le fromage de finition.

Comparer avec la paella

Si vous avez déjà fait une paella valencienne (en japonais), vous aurez remarqué que, même avec un riz à grains courts, l'idée est inverse. La paella ne défait pas le grain, grille le fond et forme le socarrat. Le risotto tire un peu de l'amidon du riz et crée, avec le beurre et le fromage, une texture coulante. Pour connaître l'étendue des plats de riz, rien de plus rapide que de faire les deux et de les comparer.

Conservation et réchauffage : si l'on prépare d'avance, s'arrêter à 80 %

Arancini, boulettes de risotto restant, panées et frites
Plutôt que de conserver un risotto fini, le transformer en arancini le lendemain préserve mieux la texture. Image : Wikimedia Commons

Le risotto est meilleur à l'instant où il est fini. Mais un soir de semaine, « je rentre dans 10 minutes » devient 15, puis 20. Ces jours-là, plutôt que de garder le plat fini au chaud, mieux vaut s'arrêter à 80 % de cuisson pour préserver la texture.

Serious Eats présente une méthode de préparation de restaurant : on cuit le risotto en partie, on l'étale en fine couche pour le refroidir, et on termine avec un peu de liquide avant de servir. La même idée marche à la maison. Arrêtez le feu quand le riz est encore un peu ferme, à environ 75–80 % de la cuisson, étalez-le en couche mince sur un plateau pour laisser partir la vapeur. Une fois froid, mettez-le au réfrigérateur et, juste avant de manger, remettez-le dans la casserole, ajoutez du bouillon chaud et terminez en 3 à 5 minutes.

Pour conserver un risotto fini, laissez-le tiédir, mettez-le au réfrigérateur dans un récipient propre et finissez-le avant le lendemain. Au micro-ondes seul, il fige facilement : passez-le en casserole, ajoutez 3 à 5 c. à soupe de bouillon ou d'eau et détachez-le à feu doux. Un peu de beurre ou d'huile d'olive à la fin lui rend un peu d'onctuosité.

Les restes de risotto sont meilleurs si l'on ne cherche pas à les ramener à l'identique. En refroidissant, le riz absorbe l'eau et convient à d'autres plats. Roulé en petites boulettes autour d'un morceau de fromage, pané et poêlé, il devient des arancini à la sicilienne. Un risotto durci au fond du réfrigérateur qui se change en amuse-bouche du lendemain, c'est un petit plaisir.

État Repère de conservation Pour le re-cuisiner
Riz cuit à 80 % puis refroidi Réfrigérateur, 1 jour Idéal pour finir de nouveau avec du bouillon chaud
Risotto terminé Réfrigérateur, jusqu'au lendemain Réchauffer en casserole avec un peu de liquide. La texture baisse un peu
Restes durcis Réfrigérateur, jusqu'au lendemain Convient aux arancini, au risotto au four, au gratin
Laissé longtemps à température ambiante Ne pas conserver Un plat de riz se gâte facilement : jeter
Sécurité alimentaire

Ne laissez pas un plat de riz longtemps à température ambiante. Après la cuisson, mettez-le au réfrigérateur dans les 2 heures environ, et, pour le réchauffer, chauffez-le à cœur. Pour un repas apporté ou un pique-nique, mieux vaut des arancini réchauffés qu'un risotto gardé au chaud.

L'arrière-plan du plat : le riz du nord de l'Italie et l'onda

Rizière de carnaroli dans le nord de l'Italie
Dans les régions rizicoles du nord de l'Italie, le riz à risotto est un socle de la culture culinaire. Image : Wikimedia Commons

En pensant à l'Italie, on pense aux pâtes, mais dans le nord, le riz est aussi un aliment de base. En Lombardie, au Piémont et autour de la Vénétie s'étendent des rizières, où sont nés le carnaroli, l'arborio, le vialone nano et d'autres riz pour le risotto. Dans le contexte de la cuisine milanaise, l'association du beurre, du bouillon, du riz et du fromage est naturelle, et l'atmosphère est bien différente de la table du sud de l'Italie, où l'huile d'olive et la tomate passent au premier plan.

Le risotto alla milanese est un plat où le parfum du safran se superpose à cette culture du riz du nord. À Milan, il est considéré comme un plat représentatif de la région et s'accompagne parfois d'osso buco. Traditionnellement, certaines formules emploient aussi de la moelle de bœuf, mais il n'est pas réaliste de la réunir à chaque fois dans une cuisine ordinaire. Cet article n'en fait pas un ingrédient indispensable et garde le squelette : riz, bouillon chaud, vin, beurre, fromage, et safran si l'on veut.

Les recettes familiales se répartissent souvent dans deux directions : « à partir de riz cru » ou « facile avec du riz cuit ». Une soupe de riz au fromage faite avec du riz cuit, les jours chargés, est pratique, mais mieux vaut la goûter comme un autre plat que le risotto. L'intérêt du risotto est de chauffer la surface du riz cru dans la matière grasse, de lui faire absorber peu à peu le liquide et de faire la sauce avec l'amidon que le riz libère. S'il devient onctueux sans crème, c'est que l'émulsion du riz, de la matière grasse et de l'eau s'est produite.

Dans l'explication de l'onda de La Cucina Italiana, un risotto ne doit être ni trop sec ni trop liquide, et la texture idéale est celle qui retombe en vague quand on secoue la casserole. Cette « vague » n'est pas qu'une apparence. Les grains ne se défont pas, mais il y a de la sauce tout autour. Le plat s'étale un peu dans l'assiette, sans que l'eau seule coule. C'est une onctuosité différente de celle d'un liant à l'amidon : elle vient de l'amidon du riz et de la matière grasse du lait.

La ligne à tenir dans une cuisine est celle de la technique, avant celle des ingrédients. À défaut de riz à risotto, on peut s'exercer avec un riz rond ordinaire. Mais on ne lave pas le riz. On ajoute le bouillon toujours chaud. On ajoute le beurre et le fromage finaux hors du feu. Le safran sert de parfum quand on passe à la milanaise ; on ne cherche pas à renforcer la couleur seule en forçant le curcuma. Dans cet ordre, on n'est pas ballotté par les ingrédients introuvables, et le plat garde son noyau.

Cette idée devient plus intéressante en comparant les plats de riz du monde. Le koshari égyptien (en japonais) est un plat de rue qui superpose riz, légumineuses et pâtes, où l'on mange le riz mêlé à la sauce. La karjalanpiirakka finlandaise (en japonais) enferme une bouillie de riz au lait dans une pâte de seigle. Le risotto, lui, rapproche le riz lui-même d'une sauce. Même avec le riz, chaque culture choisit entre « grains détachés », « bouillie », « enveloppé » ou « grillé ».

Questions fréquentes

Sac de riz carnaroli
La plupart des échecs courants se ramènent au type de riz, à la température du bouillon et au feu de finition. Image : Wikimedia Commons

Q1. Peut-on faire un risotto avec du riz déjà cuit ?

On le peut, mais, à proprement parler, ce n'est plus un risotto : c'est plutôt une soupe de riz au fromage ou un gratin de riz. Le riz cuit a déjà absorbé son eau, et l'étape où le riz cru boit le bouillon manque. Les jours pressés, on peut rincer le riz pour retirer le visqueux et le mijoter brièvement avec un peu de bouillon et du fromage, c'est agréable, mais le grain n'est pas al dente.

Q2. Quelles précautions avec du riz rond ordinaire ?

Le riz rond ordinaire devient facilement collant : ne le lavez pas et remuez moins. N'ajoutez pas trop de bouillon d'un coup, et attendez de voir la surface du riz pour en remettre. Pour la finition, mettez moins de fromage ; si c'est trop ferme, ajoutez un peu de bouillon chaud plutôt que de l'eau, le goût sera moins dilué.

Q3. Peut-on le réussir sans fromage ?

Oui. À la place du parmigiano, employez 2 c. à café d'huile d'olive de finition et 1/2 c. à café de miso blanc pour compléter l'umami et la rondeur. Le parfum sera différent de celui du plat italien. Si vous n'avez pas à éviter les produits laitiers, même un peu de fromage donne un résultat plus proche d'un vrai risotto.

Q4. Peut-on remplacer le bouillon par un cube ?

Oui. Mais les cubes du commerce sont très salés et riches en umami, et le plat devient facilement salé en réduisant. Faites-le plus léger que l'indication et ajustez le sel à la fin. Pour un risotto de légumes, un bouillon de légumes ; pour un risotto aux champignons, mélangez-y l'eau de trempage des cèpes secs : le goût se tient naturellement.

Q5. Combien faut-il remuer ?

Juste assez pour ne pas brûler le fond. Remuez l'ensemble juste après chaque louche, puis, quand le liquide baisse, caressez le fond. En remuant fort et sans arrêt, les grains se fendent et le collant s'alourdit. Seul le mantecare final se fait hors du feu, avec une émulsion soignée.

En résumé : un risotto se joue dans les 2 dernières minutes

Risotto alla milanese dressé dans une assiette
La réussite d'un risotto tient à la première moitié, où l'on cuit le riz, et aux 2 dernières minutes, où l'on lie hors du feu. Image : Wikimedia Commons

Faire un risotto paraît compliqué, mais le déroulé est net. Faire revenir l'oignon sans le brûler. Chauffer le riz sans le laver. Lui faire absorber le vin blanc. Ajouter peu à peu du bouillon chaud. Quand le riz est al dente, couper le feu et mantecare avec du beurre et du fromage froids. Ces 2 dernières minutes font passer d'un simple plat de riz à l'occidentale à un risotto qui s'étale doucement dans l'assiette.

Si l'on charge d'emblée de garnitures, l'état du riz devient moins lisible. La première fois, apprenez avec le risotto blanc de base : le bruit du riz, la baisse de l'eau, la fermeté qui s'étale dans l'assiette. En passant ensuite aux champignons, au safran, aux légumes de printemps, on voit bien mieux les raisons des échecs. À l'inverse de la paella, le risotto fait de l'amidon du riz un allié. Le temps que l'on passe devant la casserole revient directement dans le parfum de la table.

Dans la même cuisine italienne, une panzanella (en japonais), où le pain boit le jus de tomate sans feu, en entrée, permet de comparer une gestion de l'eau opposée à celle du risotto. Pour prolonger vers la Sicile après le repas, les mpanatigghi, qui enferment chocolat et un peu de bœuf, offrent un autre plaisir : celui de lire l'état des choses, loin des plats de riz.

Sources