L'histoire du bún bò Huế : des nouilles à la vapeur rouge du matin
Quand on frappe la citronnelle dans la cuisine du matin, le parfum monte avant même le bruit du couteau. Une odeur d'agrume vert se répand de la planche, et dans la marmite, jarret de bœuf et travers de porc font frémir doucement l'eau. Quand on y laisse tomber l'huile de sa tế rouge, un anneau vermillon s'étend à la surface du bouillon. Ce n'est pas la douceur limpide du phở, mais un parfum qui fait un peu se redresser.
Le bún bò Huế (Bún bò Huế) est la soupe de nouilles de riz pimentée au bœuf de Huế, dans le centre du Vietnam. Bún, ce sont les nouilles de riz, bò le bœuf, Huế l'ancienne cité impériale. D'après le nom, c'est une soupe de nouilles au bœuf, mais on y associe en réalité souvent jarret et os de bœuf avec pied de porc, jarret de porc ou travers de porc. Le bouillon reçoit citronnelle, mắm ruốc (pâte de crevettes fermentées), sauce de poisson et huile pimentée, et la garniture superpose bœuf, porc, jambon vietnamien, herbes et citron vert.
Le point clé à la maison n'est pas le piquant lui-même, mais ces trois choses : choisir de grosses nouilles de riz rondes, ne pas laisser trop ressortir le parfum du mắm ruốc, et ne pas troubler le bouillon. Plus de piment le rendra plus rouge, mais le caractère des nouilles de Huế se trouve là où se superposent le parfum de citronnelle, l'umami des crevettes fermentées et le bouillon de bœuf et de porc.
Si vous avez déjà fait du phở gà, la différence se voit tout de suite. Le phở gà est un plat où un bouillon de poulet limpide est ajusté par les herbes. Le bún bò Huế construit l'épaisseur avec os et viande, y pose parfum et couleur avec l'huile de sa tế, et ramène la fraîcheur à la fin avec l'assiette d'herbes. Cela rejoint aussi le plaisir d'enrouler des herbes à table comme avec le bánh xèo.
En vietnamien, on écrit Bún bò Huế. En français circulent « bun bo Hue » ou « bún bò Huế » sous plusieurs formes ; cet article uniformise en « bún bò Huế ».
Contexte de la cuisine de Huế : ville de cour et petit-déjeuner des ruelles

Huế est l'ancienne capitale du centre du Vietnam, qui a porté la culture de cour de la dynastie des Nguyễn. La page en anglais de l'Office du tourisme vietnamien présente aussi la cuisine de Huế comme la rencontre de l'esthétique de la cuisine de cour et de la culture alimentaire traditionnelle des habitants. Le bún bò Huế y est moins un plat pour touristes qu'une soupe de nouilles qui donne de la force dès le matin.
En juillet 2025, VietnamPlus a rapporté que le savoir traditionnel du bún bò Huế avait été inscrit sur la liste nationale du patrimoine culturel immatériel du Vietnam. L'objet de l'inscription n'est pas une simple recette, mais traité comme « savoir populaire », la vie des gens de Huế, la mémoire des goûts et la sagesse alimentaire. Le bún bò Huế n'est donc pas seulement une soupe de nouilles rouge et pimentée, mais un plat qui reflète la manière de manger de la ville de Huế.
La cuisine de Huế se caractérise par la finesse de l'apparence et la construction du parfum. Le bún bò Huế a l'air d'un plat de grande marmite, mais c'est en fait un plat assez ordonné. Le bouillon est épais de bœuf et de porc, le parfum clair de citronnelle, les crevettes fermentées fournissent la base et l'huile de sa tế donne le visage rouge. On y ajoute fleur de bananier en julienne, germes de soja, menthe et citron vert, et l'on ajuste à la fin dans son propre bol.
Les sites de cuisine vietnamienne en anglais décrivent souvent le bún bò Huế comme « spicy beef and pork noodle soup ». C'est ce qui s'oublie facilement en français. On le traduit par nouilles au bœuf, mais la gélatine des os de porc et du pied de porc donne au bouillon épaisseur et rondeur. Si l'on retire tout le porc, on se rapproche d'un phở bò pimenté et le centre de gravité propre aux nouilles de Huế s'affaiblit.
Retenir le bún bò Huế comme « phở pimenté » décale les nouilles comme le parfum. Le phở a en principe des nouilles de riz plates, le bún bò Huế de grosses nouilles de riz rondes. Dans le bouillon aussi, au lieu de l'anis étoilé et de la cannelle, ce sont citronnelle, mắm ruốc et huile pimentée qui ressortent.
Ingrédients (pour 4 personnes) : un mélange réaliste pour la cuisine de la maison

Le bol local peut contenir pied de porc, sang de porc, chả Huế, jarret de bœuf, tendons de bœuf et assiette d'herbes. À la maison, le sang de porc n'est pas obligatoire. Si vous n'aimez pas le pied de porc, les travers de porc suffisent. À préserver : ne pas faire seulement du bœuf, ne pas lésiner sur la citronnelle et utiliser du mắm ruốc, même en petite quantité.
Ce plat utilise du bœuf, du porc, de la sauce de poisson et un condiment fermenté à base de crevettes. En cas d'allergie aux crevettes, n'utilisez pas le mắm ruốc et remplacez-le par du nuoc-mâm et du miso. Dans un foyer qui évite le porc, augmentez jarret et tendons de bœuf, mais le goût sera plus léger que le bún bò Huế local.
Mắm ruốc, grosses nouilles de riz rondes et citronnelle ne se trouvent pas toujours dans un supermarché ordinaire. La première fois, on peut se débrouiller avec des substituts du quartier, mais si vous aimez ce plat, ces trois-là valent la peine d'être cherchés expressément.
Si l'on ne trouve pas le mắm ruốc lui-même, on peut essayer un peu de kapi, de la même famille de pâtes de crevettes fermentées. Ce n'est pas exactement identique, mais cela crée un noyau de fruits de mer fermentés. Le parfum est fort : commencez avec 1/2 c. à café.
Ce n'est pas un substitut parfait, mais 1 c. à soupe de nuoc-mâm, 1/2 c. à café de miso blanc et 1 c. à café de crevettes séchées hachées finement, mélangés, se rapprochent un peu de la profondeur des fruits de mer fermentés. Les jours où quelqu'un n'aime pas le parfum, ce substitut est plus facile à servir.
Préparation : un bouillon calme et de l'huile de sa tế rouge pour finir
Le bún bò Huế prend du temps, mais le temps où l'on est affairé n'est pas long. Blanchiment, mijotage à feu doux, huile de sa tế, préparation des nouilles, dressage : en le découpant ainsi, on peut le cuisiner tranquillement un après-midi de week-end.
Les travers de porc deviennent souvent tendres en une heure et demie à deux heures, le jarret de bœuf peut demander deux heures et demie à trois heures. Si tout reste jusqu'au bout, le porc s'effondre. Retirez ce qui est tendre au fur et à mesure et arrosez-le d'un peu de bouillon chaud pour qu'il ne sèche pas.
Choix pour se rapprocher de l'original dans votre cuisine

Le bún bò Huế n'est pas un plat qui ne se fait qu'avec des ingrédients locaux. Mais il y a des ingrédients dont le remplacement rapproche d'un autre plat. À la maison, séparer « ce qu'il faut garder », « ce qui peut être remplacé » et « ce qu'on peut omettre la première fois » allège les courses.
| Ingrédient hésitant | Plus proche de l'original | Réaliste à la maison | Décision |
|---|---|---|---|
| Nouilles | Grosses nouilles de riz rondes pour bún bò Huế | Gros vermicelle de riz, nouilles de riz rondes | Les nouilles plates à phở changent la texture |
| Bouillon | Os de bœuf, pied de porc, jarret de bœuf, jarret de porc | Jarret de bœuf, tendons de bœuf, travers de porc | Ne pas faire que du bœuf est plus proche |
| Condiment fermenté | Mắm ruốc | Nuoc-mâm, miso, crevettes séchées | Même peu, il donne de la profondeur |
| Couleur rouge | Huile d'annatto, huile pimentée | Paprika, piment, un peu d'huile pimentée | Viser parfum et couleur, pas le piquant |
| Herbes | Fleur de bananier, liseron d'eau, menthe, herbes | Chou en julienne, germes de soja, shiso, menthe | Une assiette d'herbes à part facilite la dégustation |
| Sang de porc | Cubes de sang | Omettre | La première fois, ne pas forcer |
Ce qu'il ne faut surtout pas remplacer, c'est la citronnelle. Séchée ou surgelée, procurez-vous-en si possible. Avec seulement gingembre et poireau, on tire plutôt vers une soupe de nouilles à bouillon de bœuf et de porc. Rien qu'en frappant la citronnelle et en la laissant cuire, le parfum de la cuisine se rapproche aussitôt du centre du Vietnam.
Le mắm ruốc a un parfum fort ; en mettre trop surprend la famille. Avant de viser le parfum d'une gargote locale, commencez par dissoudre 2 c. à café dans de l'eau chaude, laisser déposer et n'utiliser que le surnageant. Qui veut plus de parfum en ajoute peu à peu à table, plus sûr.
Le piquant peut s'ajouter après. Si toute la marmite est trop pimentée, les enfants et les sensibles ne peuvent pas manger. Mettez dans la marmite seulement la moitié de l'huile de sa tế et le reste dans une coupelle : de la même marmite sortent un bol piquant et un bol doux. Cette répartition peut aussi s'appliquer au réglage du piquant du tom yum goong ou à la quantité de piment du laap (en japonais).
Causes d'échec : trouble, odeur, seulement piquant

Les échecs du bún bò Huế se répartissent généralement entre feu, condiment fermenté et choix des nouilles. Seulement piquant, on y arrive en ajoutant du piment, mais un bouillon dont on a envie de reboire après avoir fini demande une cuisson sans trouble et un parfum bien rangé.
| Échec | Cause | Correction |
|---|---|---|
| Bouillon trouble | Blanchiment insuffisant, gros bouillons, nouilles cuites dans le bouillon | Blanchir la viande et cuire à feu doux. Cuire les nouilles à part |
| Odeur de pâte de crevettes | Trop de mắm ruốc mis directement | Dissoudre à l'eau chaude, laisser déposer et n'utiliser que le surnageant |
| Seulement piquant | L'huile de sa tế manque de citronnelle et de douceur | Ajouter citronnelle, paprika et un peu de sucre |
| Fade | Trop peu d'os et de viande, cuisson trop courte | Ajouter des tendons de bœuf ou des travers de porc et cuire plus de 2 heures |
| Nouilles qui se rompent | Trop cuites, vermicelle fin utilisé | Réhydrater de grosses nouilles rondes plutôt fermes et verser le bouillon brûlant dans le bol |
| Gras | Tout le gras du porc remis dans la marmite | Retirer un peu de gras en surface, utiliser moins d'huile de sa tế |
Quand le parfum est trop fort, diluez un peu le bouillon avant de presser le citron vert. Ajoutez 100 ml d'eau chaude à la fois et rétablissez avec un peu de sel et de nuoc-mâm : les angles des crevettes fermentées s'arrondissent. À l'inverse, quand il est trop léger, ajouter non seulement du sel mais 1 c. à café d'huile de sa tế ramène parfum et couleur.
Si l'on ne trouve pas de grosses nouilles de riz rondes, on cuisine parfois avec des nouilles à phở. Dans ce cas, appréciez-le comme un « bún bò Huế façon maison ». Le cœur du goût peut se faire, mais l'élasticité moelleuse en aspirant les nouilles est plus faible. À la différence des plats où l'on savoure l'amidon des nouilles comme le khao piak sen (en japonais), pour le bún bò Huế, ce sont le bouillon et la résistance des grosses nouilles qui comptent.
Mieux vaut ne pas fixer le piquant dans la marmite. Mettez l'huile de sa tế sur la table pour que ceux qui aiment le piquant en ajoutent à leur bol : toute la famille peut ainsi partager la même marmite.
Conservation et préparation à l'avance : séparer bouillon, viande, nouilles et herbes

Pour préparer à l'avance, séparez toujours bouillon, viande, nouilles et herbes. Si l'on conserve le bol composé, les nouilles de riz absorbent le bouillon et se rompent facilement le lendemain. Les herbes perdent aussi leur couleur à la chaleur et la fraîcheur disparaît.
Gardez le bouillon environ 2 jours au réfrigérateur après refroidissement approximatif. Le gras figé en surface, ne le jetez pas tout : remettez-en 1 à 2 c. à café pour garder le parfum. Réfrigérez la viande dans un récipient avec un peu de bouillon et, pour réchauffer, remettez-la brièvement dans le bouillon de la marmite. Mieux vaut ne pas conserver les nouilles de riz, mais les réhydrater juste avant de manger. Les nouilles qui restent, mêlez-les à un peu d'huile, réfrigérez-les et finissez-les le lendemain.
Pour congeler, seul le bouillon convient. Congelée, la viande devient un peu dure en fibres et les nouilles de riz perdent leur texture. En congelant le bouillon, retirez citronnelle et aromates et répartissez par portions dans des récipients. Après décongélation, un peu de nuoc-mâm et de citron vert ramènent plus facilement le parfum.
Les restes ne servent pas seulement avec des nouilles. Un peu de riz dans le bouillon donne une soupe de riz pour le petit-déjeuner, avec le parfum de citronnelle qui reste. Un reste de bouillon moins piquant va aussi en petite soupe à côté d'un bánh mì.
En préparant la veille le bouillon et l'huile de sa tế et en découpant la viande, le jour même est bien plus facile. Il ne reste qu'à réhydrater les nouilles, réchauffer le bouillon et couper les herbes. Bien que ce soit un plat de grande marmite, chacun compose son bol à table : cela convient donc aussi pour des invités du week-end.
Variantes et menu : l'assiette d'herbes allège la table

Plutôt que de finir le bún bò Huế dans le seul bol, il se mange plus facilement avec une assiette d'herbes à côté. Le bouillon rouge et la viande seuls sont lourds ; avec germes de soja, menthe, chou et citron vert, on remet la bouche à zéro plusieurs fois. L'intérêt de la cuisine de Huế n'est pas de pousser le piquant, mais de mettre sur la même table un bouillon épais et l'échappatoire des herbes.
Version moins piquante : réduisez le piment en poudre à 1 c. à café et augmentez le paprika. Dans la marmite, mettez seulement un peu d'huile de sa tế et ajoutez le reste à table. Avec des enfants, servez d'abord nouilles, viande et bouillon, et mettez herbes et piquant par-dessus ensuite.
Dans les foyers qui n'aiment pas le pied de porc, les travers de porc ou l'épaule de porc en morceau se manient bien. L'épaisseur de gélatine diminue un peu, mais le parfum reste. Avec le seul jarret de bœuf, c'est trop léger ; ajouter des tendons de bœuf rend la satisfaction.
En cas d'allergie au poisson et aux fruits de mer, omettez mắm ruốc et nuoc-mâm et ajustez avec du sel, de la sauce soja claire et un peu de miso. Mais le cœur des crevettes fermentées disparaît ; il est plus honnête de l'apprécier comme des nouilles de bœuf à la citronnelle plutôt que comme le bún bò Huế du Vietnam.
Pour un menu, des accompagnements peu gras conviennent. Servir avec le bánh xèo est agréable, mais les deux utilisent beaucoup d'herbes : c'est plutôt pour des invités. En semaine, le bún bò Huế en plat principal avec une salade de concombre au vinaigre, des tomates froides ou des légumes verts sautés suffit. Pour comparer avec d'autres plats de nouilles d'Asie du Sud-Est, le doux bouillon de poulet du phở gà, le bouillon de poisson du mohinga et les nouilles sautées sucrées-épicées du mie goreng (en japonais) permettent de voir comment chaque pays pense les nouilles.
Questions fréquentes

Q1. Je n'ai pas de grosses nouilles de riz pour bún bò Huế. Peut-on le faire avec des nouilles à phở ?
Oui, mais la texture change beaucoup. Les nouilles à phở sont plates et offrent une large surface au bouillon. Les grosses nouilles de riz rondes pour bún bò Huế sont moelleuses à la mastication et tiennent face au bouillon rouge. La première fois, remplacez par du gros vermicelle de riz ; si vous aimez, cherchez les nouilles pour bún bò Huế.
Q2. Le mắm ruốc est-il indispensable ?
Même un peu vaut la peine. Le mắm ruốc a un fort parfum de crevettes fermentées ; ne le mettez pas directement dans la marmite, dissolvez-le dans de l'eau chaude, laissez déposer et n'utilisez que le surnageant. En cas d'allergie aux crevettes ou d'aversion pour le parfum, remplacez par du nuoc-mâm, du miso et des crevettes séchées et appréciez-le comme une autre version maison.
Q3. Sans pied de porc ni sang de porc, n'est-ce pas authentique ?
Le bol local peut contenir pied de porc et sang de porc. Mais à la maison, il n'est pas nécessaire de les forcer. Le pied de porc se remplace par des travers de porc ou de l'épaule de porc. Le sang de porc peut être omis. L'important est l'ossature : bouillon de bœuf et de porc, citronnelle, mắm ruốc et grosses nouilles de riz rondes.
Q4. Quel degré de piquant viser ?
Le plus sûr est de rester modéré dans la marmite et d'ajouter l'huile de sa tế à table. Avec 1 c. à café de piment en poudre, c'est doux ; avec 2 c. à café, nettement piquant. Augmenter seulement le piquant aplatit le parfum : utilisez donc aussi paprika et citronnelle.
Q5. Combien de temps à l'avance peut-on préparer ?
Bouillon et huile de sa tế peuvent se faire la veille. La viande peut aussi être coupée et conservée. Nouilles et herbes seulement le jour même. Les nouilles se rompent facilement avec le temps, et les herbes perdent leur parfum à la chaleur et à l'humidité. Pour des invités, une répartition propre : le bouillon la veille, nouilles et dressage le jour même.
Sources
- VietnamPlus, « Bun bo Hue recognised as national intangible cultural heritage » (https://en.vietnamplus.vn/bun-bo-hue-recognised-as-national-intangible-cultural-heritage-post322757.vnp), consulté le 9 mai 2026
- Vietnam Tourism, « Hue’s Best to Eat - From the Palace to the Street » (https://vietnam.travel/things-to-do/hue-best-to-eat-palace-street), consulté le 9 mai 2026
- Hungry Huy, « Bún Bò Huế Recipe - Spicy Vietnamese Beef & Pork Noodle Soup » (https://www.hungryhuy.com/bun-bo-hue-recipe/), consulté le 9 mai 2026
- Vicky Pham, « Vietnamese Spicy Beef Noodle Soup (Bun Bo Hue) » (https://vickypham.com/blog/vietnamese-spicy-beef-noodle-soup-bun-bo-hue/), consulté le 9 mai 2026
- Food Network Kitchen, « Bun Bo Hue » (https://www.foodnetwork.com/recipes/food-network-kitchen/bun-bo-hue-3364567), consulté le 9 mai 2026











